Document sans nom
 
   
 
Sénégal | ...72 heures de grève, 24,25,26 octobre
Publié le 8 octobre 2007 à 12h14

A peine les portes de l’école franchies, les enseignants n’ont pas tardé à déclencher les hostilités face à ce qu’ils appellent « l’indifférence du Gouvernement. L’Intersyndicale enseignante a déroulé mercredi 3 octobre un premier plan d’action. Elle a décrété 72 heures de grève générale pour les 24, 25, 26 octobre prochain, « en guise d’avertissement ».


L’année scolaire 2006/2007 a été sauvée de justesse le 30 mai dernier, après l’intervention express du Président de la République. Le Chef de l’Etat avait dû « jouer les sapeurs pompiers » après le blocage des négociations entre Gouvernement et syndicats d’enseignants. L’Exécutif avait promis sept milliards, s’était engagé à satisfaire les points essentiels de revendication et de maintenir les négociations pour le reste. Cette année ne s’annonce guère sous de meilleurs auspices, au rythme où évoluent les choses. Les personnels enseignant et administratif ont retrouvé le chemin de l’école le 1er octobre. Ils seront suivis lundi 8, par les élèves. Au cours de sa déclaration de politique générale (Dpg) du 17 septembre dernier, le Premier Ministre a réaffirmé « le respect des promesses du Chef de l’Etat » et annoncé pour 2008, l’intégration dans la Fonction publique de tous les enseignants titulaires de diplômes professionnels. Pour autant, l’intersyndicale de l’enseignement reste sur le pied de guerre et les inspecteurs de l’enseignement sont entrés dans la mêlée des revendications. Ce qui n’augure pas d’une année scolaire apaisée.

La conférence de presse tenue mercredi 3 octobre est la première étape du plan d’action concocté par les dix-huit syndicats regroupés au sein de l’Intersyndicale. Une grève générale d’avertissement est programmée pour les 24, 25 et 26 octobre. Les camarades de Atoumane Diaw, Coordonnateur de l’Intersyndicale, comptent aussi envoyer des missions à travers le pays, pour mener des missions d’information et de sensibilisation. Selon Waly Ndiaye, le Chargé des revendications du Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes), les revendications portent sur l’application des accords de 2003 et 2006 conclus avec le Gouvernement.

Depuis le 30 mai, « les lignes n’ont pas vraiment bougé », explique M. Ndiaye. A travers divers points de presse, le bureau de l’Intersyndicale a « dénoncé l’attitude des autorités qui peinent à matérialiser les accords déjà signés et à ouvrir les négociations sur les revendications pendantes, après leur audience du 30 mai 2007 avec le Président Wade ». Les enseignants ont passé des vacances « très studieuses » et sont ainsi restés au front pendant toutes les vacances écoulées. Agissant de la sorte, ils affirment « s’inscrire dans une posture de prévention des conflits ».

L’application des accords de 2003 et 2006 sur la sellette

Les revendications des enseignants figurent sur une plate-forme en plusieurs points, déposée sur la table du Gouvernement. Ces dernières portent sur l’application effective des accords de 2003 et 2006, l’extension de l’indemnité de recherche documentaire (Ird) à tous les enseignants sans exclusive et sans contrepartie horaire, l’octroi de parcelles dans les zones d’aménagement concerté à Dakar et dans les régions ou l’accès à la formation diplômante des corps émergents (volontaires et vacataires, maîtres et professeurs contractuels). Le Gouvernement avait accordé l’année dernière, après un long bras de fer avec le Cusems ( (Cadre unitaire des syndicats du Moyen secondaire), une indemnité de recherche et de documentation aux enseignants des collèges et lycées, moyennant une compensation horaire de trois heures.

Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier Ministre, Cheikh Hadjibou Soumaré a, solennellement, de la tribune de l’Assemblée nationale, réaffirmé la volonté de son Gouvernement d’honorer les engagements pris par le Président de la République devant les enseignants.

Les professions de foi d’aller vers un dialogue et de prévenir les conflits sont affirmées des deux côtés. Cependant, l’intersyndicale fourbit ses armes en attendant la réaction du Gouvernement. Les enseignants prennent acte des déclarations et annonces faites par le gouvernement mais « exigent l’ouverture de négociations globales ».

« Nous avons adressé des correspondances à la Primature et à tous les ministères concernés, à la suite de notre rencontre du 30 mai avec Monsieur le Président de la République, mais ces derniers n’ont pas réagi dans le sens souhaité », explique Mamadou Diop Castro, membre de l’Intersyndicale et Secrétaire général de l’Union démocratique des enseignants du Sénégal. Seul le Ministre de l’Education « a daigné nous recevoir en juillet dernier », se désole M. Castro

Youssou Touré, Secrétaire général de l’Organisation des instituteurs du Sénégal (Ois) justifie cette sortie par leur volonté de « tirer la sonnette d’alarme pour ouvrir des négociations avant la prochaine rentrée ». M. Touré dénonce l’attitude du Gouvernement qui « encourage la tension permanente par son refus du dialogue social ». Très en verve, le Sg de l’Ois « n’exclut même pas une jonction entre les syndicats et le « Front Siggil Sénégal » qui œuvre sur le terrain politique même si le syndicat qu’il dirige « n’a rien à voir avec la politique ».

Le patron de l’Ois se dit cependant optimiste quant au dénouement de la crise reste persuadé qu’ « avec le Premier ministre Cheikh Adjibou Soumaré que nous connaissons honnête, ainsi que la disponibilité de Mme Innocence Ntap Ndiaye, Ministre de la Fonction publique, nous disposons au moins de partenaires qui ont du crédit », tempère M. Touré.

Gounia Niang de l’Union des enseignants du Sénégal (Ues) évoque quant à lui « l’avancée timide » notée avec le début de la formation diplômante des professeurs contractuels, même si cela ne concerne pour l’instant qu’un contingent de 1 230 professeurs à la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de formation (Fastef). Le patron de l’Ues « déplore, par ailleurs, les lenteurs inexplicables notées dans les actes d’engagement, d’avancement ou de reclassement des agents de l’Etat au niveau du ministère de la Fonction publique, du Travail et des Organisations professionnelles ».

Une affaires de sept milliards

Au sortir d’une rencontre avec le Premier ministre, entouré des ministres de l’Education, de la Fonction publique et de l’Urbanisme, M. Bakary Badiane, Président de l’Association nationale des associations de parents d’élèves du Sénégal, avait déjà évoqué la disponibilité du Gouvernement à réaliser ses promesses avant le 31 décembre 2007. Les sept milliards promis aux enseignants par le Chef de l’Etat, en guise d’indemnité de recherche documentaire constituent-elle pas pour autant la principale pomme de discorde ?

Mamadou Diop Castro répond par la négative et indexe l’Etat « qui veut, par cette méthode de communication, dresser l’opinion contre les enseignants ». Selon le Secrétaire général de l’Uden, « les revendications des enseignants sont multisectorielles et l’Etat ferait mieux d’ouvrir des négociations globales et sérieuses avec l’Intersyndicale enseignante », s’insurge M. Diop.

Souleymane Diallo du syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), salue la mesure du gouvernement de recruter « l’ensembles des enseignants titulaires du diplôme professionnel ». M. Diallo y voit l’aboutissement d’un combat son organisation mène depuis plusieurs années. D’ailleurs, le Sels a claqué la porte de l’intersyndicale enseignante.

Mamadou Diop Castro de l’Uden et ses camarades considèrent cette nouvelle comme « une déclaration de presse » et attendent de voir. Gounia Niang pour sa part rappelle cependant que « les revendication de l’Intersyndicale de l’enseignement ne se limitent pas à ces sept milliards ou à des parcelles ».

Pour le Secrétaire général de l’Ues, tous les points de revendication figurent dans la plateforme revendicative déposée depuis longtemps sur la table du gouvernement, « qui doit se résoudre à ouvrir des négociations globales et sérieuses, conformément aux instructions données par le Président de la République le 30 mai dernier ».

Les inspecteurs de l’enseignement sont aussi dans la mêlée

Affecté pour la plupart à des tâches de contrôle, d’encadrement et de direction, les inspecteurs de l’Education se tenaient jusque-là dans une certaine réserve liée à la nature de leurs fonctions. Réunis désormais au sein d’une amicale, ils ont élaboré un plan d’actions pour mettre fin à « la discrimination » dont ils disent être l’objet sur le plan salarial.

En effet les inspecteurs considèrent qu’ « ils ne sont pas rémunérés à la hauteur de leur statut ». Appartenant à la hiérarchie A1 spécial, les inspecteurs de l’éducation ne bénéficient que d’une indemnité de logement de 45 000 F comme tous les autres corps d’enseignants. En revanche, ils ne sont pas attributaires de l’indemnité de recherche documentaire (Ird).

Mieux ou pire, le seul mois où ils ont eu à bénéficier de cette indemnité à l’instar des professeurs du moyen secondaire, le ministère des Finances leur a demandé la restitution des sommes perçues, considérant que celles-ci leur ont été attribuées « par erreur ». Ils promettent de passer à l’action si le Gouvernement n’accède pas à leurs revendications.

Lire la suite de l'article


Cheikh Lamane DIOP

 
 
 
'
 
  Postez votre commentaire
 

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

   
 
 
 
 
  Dans la même rubrique

Sénégal | Fin des vacances : Un démarrage sur fond de tension...

Sénégal | DISTRIBUTION SELECTIVE DES FREQUENCES, ABSENCE DE REGLEMENTATION… : L’anarchie du secteur télévisuel

Mauritanie | Sarkozy en Afrique : Nouakchott peu concernée

France-Mali | C’est l’inquiétude sous Sarkozy

Senegal/Emigration | Baïlo : « Si je meurs, je ne serais pas le premier, et ce n’est pas un suicide. »

 
Politique
Economie
Culture
Sport
Société
 
 
  Le débat

De nombreux chantiers sont ouverts à Dakar depuis l’annonce de la tenue, en mars 2008, du sommet de l’OCI dans la capitale sénégalaise.

Les jugez vous opportuns ? Quelle est votre opinion sur la manière dont ces chantiers sont exécutés ?



 
  Les journaux en ligne
Sénégal  
▪ L'office
▪ Le Soleil
▪ WalFadjri
▪ L'observateur
▪ Le Quotidien
▪ L'Actuel
▪ Nouvel Horizon
▪ Le messager
▪ Rewmi
▪ Nettali
▪ Seneweb
▪ Sud On Line
▪ Le Matin
▪ Il est midi
▪ L'As
▪ APS
Afrique  
▪ Jeune Afrique
▪ MAP
▪ Ouestaf
Monde  
▪ Libération
▪ Le Figaro
▪ Le Monde
▪ Le Point
▪ L'Express
▪ Rfi
 



   
| Qui sommes-nous?