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Senegal/Emigration | Baïlo : « Si je meurs, je ne serais pas le premier, et ce n’est pas un suicide. »
Publié le 26 juillet 2007 à 18h19

Bailo voulait une vie meilleure pour ses enfants. Il en est mort.

(De notre correspondant à Kolda)-Cet entretien a été réalisé en juillet 2006 à la veille de son voyage pour l’Espagne. Il s’appelait Bailo et mesurait les dangers et les risques d’un voyage où beaucoup ne sont jamais revenus. Mais ceux qui sont revenus avec de l’argent, font vite oublier la tragédie que constituent ces « exodes » par mer, meurtriers vers un supposé Eldorado.


La Sentinelle : Pourquoi voulez vous partir alors que vous n’avez aucun papier ?

Bailo : Personne ne peut avoir des papiers pour aller travailler en Europe. Il n’y a pas de solutions sinon partir clandestinement ; le reste Dieu le fera. Nous sommes obligés de partir par étape faute d’argent, mais aussi et surtout, parce que un simple paysan ne peut avoir un visa « chengen ». Il n’y a donc pas de choix, il faut partir. Et j’irais comme les autres.

La sentinelle : Pourquoi aller en Espagne alors que vous voyez des jeunes qui meurent en chemin et d’autres refoulés une fois en Europe ?

Bailo : Dans la vie, chaque personne a sa destinée. Nous ne voulons pas être des gens éternellement pauvres. Ici, si nous restons nous serons comme nos parents, obligés de vivre en cultivant la terre avec nos propres mains. Le bétail qui faisait la richesse de nos parents n’est plus rentable. Il y a les vols qui déciment des troupeaux entiers, en plus, à chaque hivernage, il faut vendre pour acheter des vivres. Si vous avez un malade, vous ne pouvez pas le soigner, vous ne pouvez pas avoir de maison, sinon vivre dans des cases pour toujours. Ceux qui partent reviennent et achètent des maisons en ville, des villas qui jadis n’étaient pas accessibles à un paysan. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes, même ceux qui ne sont pas des paysans, pensent à aller travailler en Europe. Regardez nos présidents, eux tous envoient leurs enfants en Europe, nous on nous ferme les portes. Nous irons avec nos propres moyens.

La sentinelle : Bailo, il y a des personnes au Sénégal qui ne sont jamais parties en Europe et qui vivent bien ?

Bailo : Ces gens vont envoyer demain leurs enfants en Europe. Car eux, ont les moyens pour trouver des papiers et savent que l’argent n’est plus disponible » au pays. Ils ont eu de la chance. Nous ne partons pas parce que nous n’aimons pas le pays, mais parce que nous n’avons pas de solutions pour lutter contre la pauvreté et, chaque jour, elle s’accentue. Si j’avais la possibilité d’avoir une vie meilleure, je ne partirais jamais, mais (il hésite, se tait …) je vais quand même tenter, c’est difficile pour ma famille, ma mère et mon épouse, mais je vais tenter, si ça ne marche pas, ils sauront que j’avais simplement voulu lutter contre la pauvreté. Je demande simplement des prières. Je vais aller au Maroc et tenter d’entrer par la mer il paraît que c’est plus facile la bas. Si je meurs je ne serais pas le premier et ce n’est pas un suicide.

La sentinelle : Qu’aimeriez vous que vos enfants retiennent de vous ?

Bailo : (après une longue hésitation). J’aimerais qu’ils sachent que je les aime beaucoup. Qu’ils sachent que je voulais qu’ils vivent mieux dans notre pays. C’est la raison de mon voyage.

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Entretien réalisé par Abdou Diao (en 2006)

 
 
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Guéye | Sans titre

Merçi et félicitation mes condoléances a la famille de bailo et félicite le journaliste qui a eu le flair de faire l ’entretien avant le départ c’est sur il aurait voulu ne jamais le diffuser mais hélas la vérité de l’océan est la .Beaucoup de jeunes de notre pays meurent sans bruit les autoriés sont coupables de ne rien faire surtout avec les marocains qui prennet les jeunes immigrés dans leur pays comme des animaux .il faudra envoyer ce journaliste au maroc pour compléter ce bon travaile .Merçi pour ce journal faites plus de pouyb pour que les africains puissent s’approprie du site bravo.

 
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