Document sans nom
 
   
 
Coup de Gueule | Constitutionnite
Publié le 15 mai 2008 à 14h36

Une maladie grave menace la démocratie sénégalaise. Son nom : la « Constitutionnite ». Les symptômes de ce mal ? Une frénésie révisionniste et une fièvre réformatrice qui ont fini de réduire la charte fondamentale du pays en peau de chagrin. Le projet de loi adopté dernièrement en conseil des ministres et visant à revenir à la formule du septennat, ne cesse de défrayer la chronique. Le plus frappant dans ce nouveau yo-yo avec les textes constitutionnels, c’est la pauvreté de l’argumentaire servi par le pouvoir pour faire avaliser le retour au septennat. En clair, il s’agit de permettre au successeur du Président de la République de disposer d’assez de temps pour bien mener sa mission, le quinquennat étant jugé trop court. Il suffit juste de prendre le contre-exemple des Etats-Unis d’Amérique, première puissance mondiale où le Président ne dispose que d’un mandat de quatre ans, renouvelable une seule fois, pour ruiner l’argument. De surcroît, connaissant la conception royale que les dirigeants africains se font du pouvoir, dans la plupart des pays du continent, pour limiter le phénomène de l’usure du pouvoir, les mandats présidentiels ont été revus à la baisse. Même dans une démocratie majeure comme la France, le législateur a jugé plus prudent de revenir à la formule du quinquennat après deux mandats de quatorze ans de François Mitterrand qui ont semblé interminables.


Habitués aux pantalonnades du régime libéral, certains commentateurs n’ont voulu voir dans ce projet de loi qu’un leurre grossier, un de plus, servi par un régime à bout de souffle pour divertir l’opinion publique, histoire de détourner les Sénégalais de l’essentiel. Mais, même s’il est vrai que Me Wade est passé « Maître » dans l’art de dribbler son monde, cachant toujours ses véritables intentions au moyen d’un épais rideau de fumée, il n’en demeure pas moins que cet énième projet de révision constitutionnelle distille le doute et installe le malaise. Déjà, dans une querelle d’experts, les voix les plus autorisées en droit constitutionnel se sont prononcées sur le nécessaire passage par la voie référendaire pour faire adopter une telle révision. Alors que le gouvernement, du fait de sa majorité mécanique à l’Assemblée nationale et par une lecture assez curieuse du désormais fameux article 27, soutient mordicus que la voie parlementaire est la voie royale pour faire passer cette grosse pilule.

Du coup, la seule interrogation qui vaut pour la circonstance, est reléguée au second plan : au nom de quoi le régime libéral se permet-il de donner des coups de canifs à la stabilité institutionnelle du pays par ces révisions intempestives ? Faut-il le rappeler, la Constitution du 22 janvier 2001, adoptée à l’issue d’un référendum aux allures de plébiscite, était entrée en vigueur pour précisément mettre fin à certaines dérives du régime socialiste. Mais force est de constater que le Président Wade, naguère pourfendeur de « l’exercice solitaire du pouvoir » orchestré par certains de ses pairs, est entrain de sombrer corps et biens dans les mêmes travers qu’il dénonçait hier. Qui disait encore que le poisson pourrit toujours par la tête ?

Lire la suite de l'article


Abda Souleye

 
 
 
'
 
  Postez votre commentaire
 

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)

   
 
 
 
 
  Dans la même rubrique

Coup de Gueule | Le culte du chef

Coup de Gueule | Deux factures d’eau par foyer pour la même consommation … Ca se passe à la Cité les Dunes.

Coup de Gueule | Au secours, les ténèbres reviennent !

Coup de Gueule | Wade et le Truth business

Coup de Gueule | Un consensus sénégalais

 
Politique
Economie
Culture
Sport
Société
 
 
  Le débat

De nombreux chantiers sont ouverts à Dakar depuis l’annonce de la tenue, en mars 2008, du sommet de l’OCI dans la capitale sénégalaise.

Les jugez vous opportuns ? Quelle est votre opinion sur la manière dont ces chantiers sont exécutés ?



 
  Les journaux en ligne
Sénégal  
▪ L'office
▪ Le Soleil
▪ WalFadjri
▪ L'observateur
▪ Le Quotidien
▪ L'Actuel
▪ Nouvel Horizon
▪ Le messager
▪ Rewmi
▪ Nettali
▪ Seneweb
▪ Sud On Line
▪ Le Matin
▪ Il est midi
▪ L'As
▪ APS
Afrique  
▪ Jeune Afrique
▪ MAP
▪ Ouestaf
Monde  
▪ Libération
▪ Le Figaro
▪ Le Monde
▪ Le Point
▪ L'Express
▪ Rfi
 



   
| Qui sommes-nous?