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Sénégal | Contribution : Le problème, ce n’est pas le fou du roi, c’est le roi lui-même
Publié le 1er juin 2008 à 19h45

PAR MODY NIANG

Quand, hier soir, j’ai fini d’écouter la folle et tonitruante déclaration de ce fou du roi qui le devient de plus en plus, je me suis rappelé le livre de Monsieur Cheikh Diallo et me suis reporté immédiatement au portrait croustillant qu’il fait de cet individu-là. C’est au chapitre 4 (pp. 143-149) de la troisième partie. D’emblée, on se fait une idée du truculent personnage, qui est « une montre réglée sur celle de son mentor ». M. Diallo signale que ce fou furieux a deux problèmes dans sa vie : « Le premier est de savoir quand il commence, le second est de savoir quand s’arrêter. » Et M. Diallo, proche des Wade et de leurs proches d’ajouter : « Maître Abdoulaye Wade est la solution à ses deux préoccupations (et) c’est pour cette raison que chaque matin, avant d’aller dans son cabinet, Farba Senghor va d’abord aux instructions chez le maître (….) » .


M. Diallo fait également dire à l’« élément hors du commun » ce qui suit : « Je ne me contente pas seulement de faire ce qu’il (Me Wade, ndlr) me demande. Je le fais vite et bien. Je passais toute ma journée au Point E et une partie de la nuit aussi. Il m’arrivait de faire la navette entre le Point E et l’Assemblée nationale pour transmettre des courriers et des instructions du secrétaire général du PDS aux députés de notre groupe parlementaire (….) » . Voilà Farba Senghor, garçon de course avant le 19 mars 2 000. Au lendemain de cette date historique, il passe sans transition de l’enfer au paradis. Il en perd carrément la tête et se distingue, depuis lors, de plus en plus par ses frasques. Conseiller du président de la République, il organise une bruyante marche non autorisée contre le Préfet de Dakar. Il « donne le tournis à tout le monde, infatigable et tourbillonnant », assène M. Diallo.

Quoi de plus normal donc que cet individu-là, qui devrait avoir du mal à trouver un poste de chef de cabinet, ait le comportement que nous lui connaissons aujourd’hui ? Tour à tour Ministre de la Solidarité nationale, de l’Agriculture et des transports aériens, il a régné et continue de régner sur des ingénieurs de haut niveau et de toutes catégories, pour lesquels il n’a aucun respect. Il ne sait plus se retenir et intervient de façon intempestive dans les autres départements ministériels et traite, à l’occasion, publiquement un de ses collègues d’incompétent. M. Diallo rappelle que, devant « son énergie exceptionnelle », son maître avait prévenu devant un groupe de responsables de son Parti : « Je peux nommer qui je veux comme ministre. Même Farba ! ». Et « c’est fait depuis 2 004 ».

Ce fou du roi n’est donc pas le problème. Le vrai problème, c’est le roi, c’est Me Wade qui lui a donné tant de pouvoir. Wolof Njaay dirait « xama tul lu ko të », ou encore « dafa kaanu ». En d’autres termes, il est grisé par le pouvoir qui lui a tourné la tête. Nous l’avons entendu à plusieurs reprises traiter les chefs religieux de tous les noms d’oiseaux. Aujourd’hui, il menace de représailles ceux d’entre eux qui oseraient prendre part aux Assises nationales. Il en a menacé d’autres, mais c’est sur les menaces de ceux qu’on appelle communément les chefs religieux que nous allons nous arrêter un peu.

Ces gens-là, du moins nombre d’entre eux, perdent de plus en plus de leur crédibilité. C’est comme si l’avènement de l’alternance les avait mis à nu. Á l’occasion des émissions interactives, ils sont couverts d’injures. Pourtant, quelques dix à quinze années auparavant, personne n’aurait osé prononcer le moindre propos malveillant à leur endroit. Et la faute leur incombe totalement : ils paient cash le fruit de leur cupidité. Avec sa « générosité » déferlante et dévastatrice, Me Wade les a profondément discrédités.

La presse a même fait état, ces temps derniers, de pressions que Me Wade aurait essayé d’exercer sur le Khalife général des Mourides, après qu’il a reçu Idrissa Seck. Vrai ou faux ? Je n’en sais rien. Ce que je sais, par contre, mon souhait le plus ardent, plus exactement, c’est que les foyers religieux, et principalement Touba et Tivaouane, fassent montre davantage de retenue, dans ce différend qui oppose le « père » et le « fils d’emprunt ». Sans doute, attend-on des chefs religieux qu’ils soient des régulateurs sociaux, des médiateurs chaque fois que de besoin. Cependant, pour jouer efficacement un rôle de médiation entre deux protagonistes, il faut maîtriser les tenants et les aboutissants de leurs différends. Or, Me Wade a dit publiquement aux membres d’une délégation de Rèew mi qu’il recevait en audience, qu’ils ne savent rien de ce qui l’oppose à Idrissa Seck, ni eux, ni personne d’autres ; que les deux seules personnes qui savent, c’est lui-même et son « fils d’emprunt ».

Alors, comment, dans ces conditions-là, un chef religieux tant soit peu soucieux de sa crédibilité, de maandute, peut-il prendre le risque de faire la médiation entre ces deux là ? Leur différend, c’est désormais connu même par les oiseaux : c’est l’argent, beaucoup d’argent. C’est ce fameux butin dont Idrissa Seck disait très tôt que c’est lors de son partage que les bandits de grands chemins se disputent. Ce butin qui ne peut être que l’argent du contribuable ou celui de la corruption, ou les deux à la fois.

Ces deux compères ont fini de nous convaincre de leur incrédibilité. Aucun guide religieux digne de ce nom ne devrait se mêler de leurs querelles interminables de milliards. Il est vrai qu’ils savent tous les deux se montrer particulièrement « généreux ». L’étaient-ils avant le 19 mars 2 000 ? D’où viennent les centaines de millions qu’ils distribuent à bout de bras ? Chaque année, le « père » surtout envoie des centaines de pèlerins à la Mecque. Tous ces gens-là reviennent-ils avec l’espoir que leur pèlerinage a été agréé ? Ce pèlerinage obéit quand même à un certain nombre de principes, dont le moindre est que l’argent qui l’a permis soit gagné à la sueur de son front, ou même, quand il provient d’un don par exemple, que ce don soit d’origine licite. Or, aucun des chefs religieux qui bénéficient de la « générosité » des deux compères ne peut garantir le caractère licite de leurs dons substantiels. Il y a ensuite que, chaque fois qu’un chef religieux reçoit de l’un des protagonistes 50, 60, 100 millions ou une 4x4 rutilante, c’est au détriment d’un gros village dont les populations pourraient bénéficier, à la place, d’un forage, d’un centre de santé, d’un collège, d’une piste de production, etc.

Nos chefs religieux devraient donc, comme je l’ai indiqué plus haut, faire montre de plus de retenue vis-à-vis de Me Wade, de son « fils d’emprunt » et de leurs querelles de milliards. Ils devraient surtout relever le défi de ce tonitruant fou du roi, qui se croit vraiment sérieux maintenant. Sa déclaration d’hier comme la position de nombre de ses frères et sœurs de part, copiée sur celle de leur maître, sont les signes évidents d’une monarchie absolue rampante qui guette notre pays. Jusqu’à son dernier souffle – pour paraphraser l’autre - Me Wade s’accrochera au pouvoir.

Et il fera tout pour nous imposer son fils biologique, le jour où il ne tiendra plus sur pieds . Il s’y prépare d’ailleurs activement, notamment en torturant et en piétinant sans état d’âme la Constitution et les autres lois. Pour la réalisation de son sombre dessein, il prend les mesures les plus impopulaires et met à contribution tout compatriote susceptible, par la nature de ses fonctions, à lui donner un coup de pouce. C’est ainsi qu’il compte en premier lieu sur les chefs religieux et autres porteurs de voix, les Forces de Sécurité, les magistrats, les autorités administratives etc. Sans doute, y a-t-il mis le prix fort en leur taillant des situations sur mesure particulièrement confortables. Celles-ci, pour confortables qu’elles soient, valent-elles le pays et son avenir ?

L’histoire de notre pays n’a pas commencé avec les Wade et Idrissa Seck. Elle ne s’arrêtera sûrement pas avec eux. Tous les Sénégalais, toutes les Sénégalaises devraient, malgré leur indolence légendaire, se rebiffer et se lever comme un seul homme, comme une seule femme, pour conjurer le grave péril qui menace notre pays, et qui est manifestement perceptible dans la déclaration du fou du roi, comme dans la position générale de la mouvance présidentielle, vis-à-vis des Assises nationales.

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Mody Niang

 
 
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robert | Sans titre

Mody Niang c’est le petit frère du grand syndicaliste de la Sonacos Mor Talla Niang. Ils sont de coki, Louga. Ce sont des gens intégres, dignes, de vrais gor. Des gens d’une famille très, très noble.

| Sans titre

Wade nous a déçu. Il n’est qu’un despote, un fou arrogant qui ne sait ce que veut dire l’Etat. Il faut le pendre.
Farba est diplomé en Italie....ahahahahahahahahha ! Salam

matar | Sans titre

vive m.niang vive latif coulibaly que dieu vous protege.
vous etes mirifique.
baidy depuis barcelona

NDIAWS | Sans titre

LE NOUVEAU FOU DE LA COUR DU ROI

Dans la cour de sa majesté Wade 1er, un nouveau a détrôné l’ancien fou du roi Farba Senghor.
Comme dans tout royaume digne de ce nom, le roi, après s’être occupé des problèmes de ses sujets, a besoin d’un farfelu pour le faire rire.

Farbay Damel le fou du roi comme d’ailleurs son nom l’indique réunissait en lui toutes ces qualités parce qu’ignorant, vulgaire, incorrect et inculte.

Mais mille fois hélas, à trop arpenter les allées du palais de sa majesté, il était devenu trop repu et voulut se donner des airs d’intello soixante huitard avec ses lunettes qui lui font ressembler à un babouin instruit.
Arrive alors un jeune plus qualifié que lui car plus fringant, plus tête brûlée parce que moins rassasié et bègue de sur quoi.

Car figurez vous que Mamadou Massaly qui a piqué à Farba, sa place de clown 1er de sa majesté, lui dame le pion dans le domaine de l’ignorance si cher à wade 1er (il est indéniable que si Farba peut se targuer d’avoir un niveau de BEPC, Massaly lui n’a pas le niveau d’un bon élève de CM2).

Dans le domaine de la fidélité, si Farba se considérait comme le valet à tout faire du roi et de la reine mais se targuer par contre d’être le frère du prince héritier Karim 1er (ce qui est un crime de lèse-majesté dans un royaume), Massaly lui se met directement au service du prince héritier qui avec la bénédiction de son père de monarque expédie les affaires courantes et distribue les prébendes (nomination aux postes de pca et de directeurs, attribution de marchés juteux).

Ce geste de haute portée de Massaly, enchantera au plus haut point sa majesté ( qui vénère le prince plaît au roi ) qui le nomme chef des gamins du royaume et tant pis s’il a d’illustres prédécesseurs comme Serigne Diop Sadaxta, Talla Sylla, Modou Diagne Fada ou Alioune Sow mais dans un royaume, les désirs du souverain et de la famille régnante sont des ordres.
Et de toute façon , plus on est fou, plus on rit et avec Massaly, on est servi car le roi ne s’est pas trompé pour une fois.

La preuve nous a été donnée hier durant sa premiére sortie avec les perles, les coquilles, les fautes et les interminables bégaiements [ tare uuunininiquequequequememememement (uniquement) pour les politiciens ].
Massaly a fait honneur à son roi et à son prince héritier en avouant son passé de marchand ambulant ( preuve qu’avec la magnanimité du souverain, on peut partager le bol du midi avec les gueux des bas fonds de la banlieue et le soir, s’asseoir à la table du roi et souper avec les élus de la cour ).
Et voici le meilleur pour la fin avec la phrase de Massaly qui tue : « Mon rôle est de fédérer les forces juvéniles de la jeunesse », « descendre à travers la rue », « phénoménes mondiales », etc.

Avouons que pour une fois, Wade 1er ne se trompe jamais quant il s’agit de choisir le fou de la cour mais comme c’est une fonction qui paie bien , Massaly a intérêt a faire attention à son fauteuil car les prétendants ne manque pas et quant son 1er challenger n’est personne d’autre que son prédécesseur ( Farbay Damel ), çà donne du piquant à la sauce. Mais tensiong, le colonel Cissé a du répondant en la matiére .

NDIAWS | Sans titre

Un homme trés intégre qui a vécu à la cité sotiba

Ablaye | Sans titre

Le proverbe dit qu’on peut tromper certains quelques temps mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps.
L’histoire nous jugera.
Un jour viendra où le clan Wade, SECK, Farba, NGOM, SY, et tous les autres rapaces et charognes qui gravitent autour du Palais, répondront de leurs actes. Eh oui il arrivera ce jour.
Rappelez-vous les Chzewscsku de Roumanie, les Mobutu, et autres Sadam Hussein.
Il arrivera ce jour et plus rapidement qu’on ne le pense.
A très bientôt chers gorgorlus sénégalais

DIVA | Sans titre

Belle analyse M. NIANG , comme toujours égal à lui-même.
A propos des assises nationales, chaque citoyen a son mot à dire dans l’intérêt de la nation SENEGAL, ces "bleus" n’y croyaient pas et félicitations au FSS qui a eu l’intelligence d’y associer toutes les composantes de ce pays et de voir avec quelle classe, ils se sont retirés de l’espace et de laisser le forum civil être au devant de la scène et par là même ridiculiser wade et ses wadayons qui ne méritent pas notre attention.

SAMBOU Aly | Sans titre

Bonjour,

Je ne sais plus à ce jour combien de contributions de Mody Niang j’ai eu à lire avec intérêt et satisfaction,publiées notamment dans des quotidiens de la place ! Toutes, sans exceptions, sont d’une pertinence qui ne laisse personne indifférent ! Je lui dis donc BRAVO et bon Courage ! Je voudrais, par la même occasion, savoir qui il est vraiment, ce qui il fait, etc. Cela me permettra de mieux appréhender ce qu’il écrit sous sa si belle plume...

BATHIE | Sans titre

Excellent article d’une pertinence poignante ! Merci cher Monsieur NIANG et nous sommes toujours preneurs quand il s’agit d’écrits de gens avisés qui diagnostiquent avec recul la déliquessence de notre Nation. Mais wolof ndiaay nééna kou beuga dê wexxu té liy raam ci niak bi la dieum ! donc à bon entendeur salut !

 
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