Si l’Etat du Sénégal venait à se retirer de l’Asecna, cette dernière irait tout droit vers la fermeture. Le pays y perdrait beaucoup. Aussi bien sur le plan des infrastructures que sur le plan financier.
Au moment où l’Asecna, la plus vieille que l’Organisation de l’unité africaine (Oua) devenue Union africaine (Ua) inspire l’Union européenne (Ue) à travers sa volonté de mettre sur pied « Euro contrôle » qui sera la pendante de l’Asecna, version Europe, pour gérer en commun leur espace aérien, des pays comme le Sénégal menacent de quitter un symbole panafricain. A l’heure des grands ensembles, certains dirigeants ne semblent pas toujours comprendre que l’ère des destinées individuelles (nationales) est révolue.
Les « Fir » où le mode de découpage de l’espace aérien
L’espace aérien africain (comme mondial) est divisé en « Fir (Fly instrument regulation) qui signifie le mode de découpage de l’espace aérien. L’Afrique est divisé en 5 « Fir » et le Sénégal à lui seul en contrôle 2. C’est ainsi que le Madagascar contrôle 1 « Fir », le Tchad 1 « Fir », le Congo Brazzaville 1 « Fir » et 2 « Fir » pour le Sénégal. Ce qui fait que Dakar contrôle l’espace aérien allant du cap Vert jusqu’au Brésil.
Et c’est à travers la gestion de ces « Fir » que l’Asecna, service à vocation technique, perçoit des redevances moyennant la fourniture des prestations aéronautiques. Si le Sénégal venait à sortir de l’Asecna, il lui serait alors retiré les 2 « Fir » par l’Organisation de l’aéronautique civile internationale (Oaci) et il ne pourra gérer que son propre espace aérien allant de Saint- louis à Ziguinchor, du nord au sud et de Dakar à Kidira, d’ouest en est.
Comme en aéronautique la redevance est payée par kilomètre de prestation fournie, le Sénégal court selon les syndicalistes, une perte sèche de 20 milliards par an , en se retirant de l’Asecna, car son espace aérien s’étend sur un rayon d’un peu plus de 200 km2. Sans compter les conséquences sociales, car l’Asecna est composée de 18 Etats membres pour un effectif total de 5200 travailleurs dont 1000 sénégalais.
Le Sénégal, étant un des membres fondateurs de l’Asecna, abrite son siège et, est dépositaire des instruments d’adhésion. Ce qui fait que son retrait risque de plomber ce legs colonial et de le précipiter vers le même destin que la défunte compagnie Air Afrique.
Les infrastructures en question
Le Sénégal est très actif dans le milieu aéronautique international. Dakar, véritable capitale aéronautique est signataire de la convention du 12 décembre 1959 qui a donné naissance à l’Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) l’Asecna, mais aussi abrite également son siège
Dakar abrite par ailleurs le Bureau régional de l’Oaci pour l’Afrique Occidentale et Centrale et le siège de la Commission Africaine de l’Aviation Civile (Cafac). De même, plusieurs Bureaux régionaux ou Représentions régionales de structures nationales ou internationales d’aviation civile sont présentes au Sénégal : Représentation régionale de l’Association Internationale du transport aérien (Iata), Représentation régionale de la Société Internationale de Télécommunications Aéronautiques (Sita), Représentation régionale de l’Administration Fédérale de l’Aviation (Faa) des Etats Unis. Au niveau africain, le Sénégal est membre de la Commission Africaine de l’Aviation Civile (Cafac).
La Représentation de l’Asecna au Sénégal assume pour toute l’Afrique de l’Ouest, les responsabilités suivantes : Centre Principal du Réseau du service fixe de télécommunications aéronautiques (Rsfta), Centre régional de télécommunications météorologiques (Crtm) ; Centre régional de prévisions météorologiques de one (Crpz) , du Centre météorologique régional spécialisé (Cmrs) ; Bureau Notam International (Bni). A l’heure où la navigation aérienne se fait par satellite, par des technologies de pointe, les autorités étatiques ont –ils mesuré toutes les conséquences de leur retrait de l’Asecna ?