Inviter le public à visiter l’intérieur et la cour des maisons de l’île décorées pour la circonstance des tableaux et oeuvres d’art, voilà en substance la philosophie qui sous- tend l’exposition "Gorée Regards- sur-Cour" dont la sixième édition s’est tenue du 10 au 12 mai dernier.
Ile mémoire certes, mais aussi île jardin, île d’artistes, quelques propriétaires et locataires de maisons à Gorée ont ouvert leurs portes afin que visiteurs et touristes découvrent les cours, jardins et architectures intérieures métisses du XVIIIè et XIXè siècle. Les murs et les jardins des maisons situées sur la rue Saint Joseph angle rue Batterie ont accueilli des artistes pour une exposition à thèmes.
Mais l’île n’est pas que le symbole d’une mémoire douloureuse, elle est aussi un site architectural préservé et entretenu, habité par une population d’environ 1500 âmes, désireuse de la faire connaître de l’intérieur. Parce que Gorée se flatte d’être source d’inspiration pour les chercheurs, les artistes et les…. mystiques. L’île est aussi, au-delà de la charge émotive de la traite négrière qui y a duré 4 siècles, un lieu de vie, de travail et de promenade rare au monde, car sans véhicules, sans pollution et fleurie.
Pour l’exposition "Gorée Regards- sur-Cour", les lettres de l’alphabet ont été attribuées aux différentes maisons qui ont abrité chacune les œuvres de deux artistes réunis.
A titre d’exemple, la créatrice de bijoux sur mesure, Ngoné, qui exposait son travail constitué d’accessoires féminins, partageait le pavillon G en compagnie du peintre Caroline Zelnick. Moussa Sakho et ses "Moussettes" étaient au pavillon J, alors que "Gorée Institute" baptisé Georges Soros, accueillait à titre posthume les œuvres de la plasticienne Lina El Makki, décédée le 5 octobre 2006.
A rappeler que cette 6ème édition de "Gorée Regards sur cours" s’inscrit comme une manifestation « Off » de la biennale de l’art africain contemporain, qui se tient à Dakar du 9 mai au 9 juin 2008.