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Sénégal | Fin des vacances : Un démarrage sur fond de tension...
Publié le 8 octobre 2007 à 15h35

Des inquiétudes planent sur la rentrée scolaire. Après le personnel enseignant, les élèves regagnent les salles de classe le 8 octobre. Les dispositifs pris par le ministère de l’éducation laissent perplexes les syndicats qui dénoncent un manque de concertation et de coordination. Déjà les menaces de grèves fusent et le Ministre se terre dans un silence troublant, une situation qui augure du spectre troublé de ces deux dernières années.


Le démarrage de l’année scolaire commence déjà à susciter des remous et des craintes sur son effectivité. Selon Wally Ndiaye, le chargé des revendications du syndicat unique des enseignants du Sénégal (Sudes), « des craintes sérieuses pèsent sur le démarrage de l’année scolaire ». Il évoque à cet effet, « la mise en place tardive du personnel du moyen et du secondaire, les ordres de service qui ne sont pas encore disponibles et le retard du reploiement du personnel ». Les syndicalistes enseignants dénoncent, en plus du manque de coordination, l’absence de dialogue qui a débouché sur une situation d’incompréhension.

L’accord sur les trois heures compensatoires signées seulement par deux syndicats à savoir le Cusems et le Casem sur les 24 que compte le secteur ne fait d’unanimité. Ces heures supplémentaires posent des interrogations quant à leur inclusion dans les emplois du temps. A ce propos, W. Ndiaye estime que « l’augmentation des horaires de travail, risque d’entraîner un surplus d’enseignants dans certains établissements ». En plus de ces griefs qui pèsent sur la rentrée, il faut signaler le retard dans l’orientation des élèves de sixième et de seconde et l’absence de nouvelles constructions pour accueillir les nouveaux élèves comme l’ont fait remarquer certains mouvements syndicaux. Dans le chapelet de revendications que brandit le Sudes, figure en bonne place le contentieux sur l’indemnité de recherche documentaire qui oppose toujours l’Etat et les syndicats enseignants. Après l’annonce du Chef de l’Etat, d’accorder 7 milliards de Fcfa en terme d’indemnité de recherche documentaire pour cette année, les syndicats réclament l’ouverture de négociations pour que l’Etat s’engage de façon pérenne et définitive sur cette question pour les années à venir. Selon des responsables du Sudes, « la question liée à la formation des professionnels contractuels et la récurrente équation des parcelles restent toujours en suspens ».

Les mêmes remarques sont faites par Youssou Touré, Président de l’Organisation des Instituteurs du Sénégal, qui parle d’une « rentrée virtuelle et de simple présence physique ». Ainsi, il dénonce les décisions prises de manière unilatérale par le Ministre de l’Education. Il affirme que « le calendrier est confectionné sans l’avis des partenaires sociaux et que dans ces conditions, il est impossible d’avoir une rentrée normale sans que les contentieux entre l’Etat et les partenaires sociaux ne soient vidés. En plus, il n’y a pas eu de Comité régional de développement (CRD) à Dakar pour préparer la rentrée ». Y. Touré impute cette situation difficile que traverse l’école sénégalaise à « l’incompétence du Ministre de l’Education Moustapha Sourang » qu’il accuse « d’être à l’origine de toutes ces perturbations ». Abondant dans le même sens, il martèle « qu’ils ne sont pas là pour préparer la rentrée, mais pour préparer la grève ». Grogne également du côté des professeurs sortants de l’Ena et de l’Inseps qui réclament le payement de leur 12 mois d’arriérés de salaire et leur intégration dans la Fonction publique. Pour cette raison, ils ont organisé le lundi 30 octobre, un sit-in devant le Ministère de l’Education et comptent poursuivre par des actions jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Ainsi, selon leur porte-parole, « d’ici, le 8 octobre, si rien n’est réglé, nous allons passer à une vitesse supérieure ».

Les parents d’élèves jouent aux médiateurs

Le Président de la fédération nationale des associations des parents d’élèves du Sénégal (Fnapes), Bakary Badiane reconnaît pour sa part reconnaît des difficultés liées à la rentrée scolaire avec l’occupation de certains établissements par les sinistrés des inondations et la coïncidence avec la fête de korité. Une situation, qui selon lui n’est en rien susceptible de perturber significativement la rentrée. Il estime « qu’il est encore prématuré de tirer un jugement sur le bon déroulement de la rentrée qui se passe en deux temps. La date du 2 octobre pour le personnel enseignant et le 8 pour les élèves. Donc l’heure n’est pas encore de tirer un bilan sur la rentrée. ». Mais, M. Badiane estime que le plus inquiétant réside dans les rapports tendus entre le Ministre de l’ Education et les syndicats d’enseignants qui brandissent déjà des menaces de grèves qui risquent de perturber l’année scolaire. Devant cette situation, le Président des associations de parents d’élèves lance un appel aux enseignants pour « qu’ils fassent confiance au Premier Ministre, qui a pris l’engagement de respecter toutes les promesses tenues avec les syndicats ». La Fnapes prise entre deux feux tente de jouer un les médiateurs. « Nous les parents d’élèves, nous lançons un appel pour que chacun respecte ses engagements pour le bien de l’école sénégalaise qui a pris un coup très dur durant de ces deux dernières années. » déclare B. Badiane. Il ajoute dans son réquisitoire, « qu’en raison des grèves incessantes, l’école sénégalaise qui était troisième au plan africain, est aujourd’hui à la 15 place ». Malgré la situation chaotique de l’éducation, B. Badiane reconnaît « la bonne volonté des autorités qui ont alloué 40% du budget à l’enseignement et les propos rassurant de Moustapha Sourang ». Enfin M. Badiane en sa qualité d’ancien instituteur estime que « la grève doit être l’ultime recours, mais les syndicats en font leur première arme. Et en matière syndicale, on ne doit pas appliquer la politique du tout ou rien. Il faut savoir faire des compromis quand quelques questions sont satisfaites. Il est essentiel de penser à l’avenir des enfants pris en tenaille dans cette situation ».

Nb : En l’absence du Ministre de l’Education, en voyage à l’étranger, nous avons joint le Secrétaire général du Ministère, Adama Aïdara qui ne nous a pas servi plus que « le Ministère a dit tout ce qu’il avait à dire au sujet de la rentrée pendant la semaine de la propreté de l’école ».

Baye Makébé Sarr

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