Compte tenu de sa particularité, l’Armée doit se tenir loin des revendications corporatistes, d’où l’appellation : « la grande muette ». Mais en Côte d’Ivoire, les Forces de défense et de sécurité ont décidé de donner de la voix à travers la création d’un syndicat. Un mandat d’arrêt vient d’être délivré contre celui qui est considéré comme le président du bureau provisoire.
Le nom du Maréchal des logis (Mdl) chef, Mambo Akaï, sera désormais bien gravé dans les anales des Forces de défense (Fds) de Côte d’Ivoire. Cet élément de la gendarmerie nationale a osé jeter les bases d’un syndicat dénommé l’Organisation nationale des forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (Onfds-Ci), il y a quelques semaines avec des compagnons d’armes. Mais, à peine ce syndicat est-il porté sur les fonds baptismaux que la hiérarchie militaire brandit les sanctions.
L’affaire qui a fait grand bruit aux abords de la Lagune Ebrié a conduit le Tribunal militaire à arrêter ce gendarme avant de l’envoyer à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (Mama). Sa mise en liberté provisoire, faut-il le signaler, a été conditionnée par la renonciation à la création dudit syndicat au sein de l’Armée. Mais, cet « arrangement » a été de courte durée puisque le Mdl-Chef de la gendarmerie mettra à profit cet intermède judiciaire pour se répandre à nouveau dans la presse, avec le même engagement.
Depuis le jeudi 05 juin 2008, le procureur militaire d’Abidjan, Ange Bernard Kessi KOUAME, a décidé de passer à la vitesse supérieure en arrêtant trois importantes mesures. D’abord, l’activiste des Fds est rayé des effectifs de la gendarmerie nationale et son solde suspendu ; ensuite, un mandat d’arrêt est lancé contre Mambo Akaï et tous ses compagnons. Ces deux mesures sont complétées par la décision du Procureur de faire comparaître le président de l’Onfds-Ci devant le Tribunal militaire à la date du lundi 23 juin prochain.
Selon le Procureur militaire, le Mdl-chef Mambo ne bénéficiait que d’une mise en liberté provisoire au regard des dispositions de l’article 139 du Code de procédure pénale. « Il était, certes, en liberté, mais l’enquête suivait son cours ; maintenant, il doit répondre de ses actes », a confié jeudi, le magistrat militaire.