Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a reçu, mercredi 25 juillet, en fin d’après-midi Nicolas Sarkozy sous la tente pour parler de l’avenir des relations franco-libyennes. Le guide de la révolution libyenne a accueilli le président français devant la façade ravagée par un bombardement de l’aviation américaine en 1986 de son palais de Bab Azizia, à Tripoli.
Après quelques explications données en français sur ce bombardement au président français, Nicolas Sarkozy a signé le livre d’or d’un"je suis heureux d’être dans votre pays pour parler de l’avenir."
La France et la Libye ont conclu plusieurs accords de coopération au cours de ce voyage. Selon le porte-parole de la présidence de la République, David Martinon, un accord cadre de partenariat et un accord de coopération en matière de défense et d’industrie de défense a été signé par le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner et son homologue libyen, Mohammed Abdel-Rahman Chalgam.
De son côté, le secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel, et son homologue libyen ont signé un accord de coopération dans les domaines de la recherche scientifique, de l’enseignement supérieur mais aussi un programme triennal de mise en oeuvre de la coopération culturelle, scientifique et technique. Enfin, selon un haut responsable français, les deux pays se seraient entendus au sujet d’un mémorandum d’accord sur le nucléaire civil. Ce dernier prévoierait la fourniture d’un réacteur nucléaire permettant à la Libye de désaliniser de l’eau de mer.
Selon M. Sarkozy, ce voyage, effectué au lendemain de la libération des infirmières bulgares, vise à "aider la Libye à réintégrer le concert des nations" après le dénouement de cette affaire qui a empoisonné pendant huit ans les relations entre l’Union européenne et Tripoli.
La normalisation apparaît pleine de promesses pour les entreprises françaises (pétrole, gaz, nucléaire, banque) dans un pays gros producteur d’hydrocarbures qui ouvre ses portes aux investisseurs et tente de rattraper son retard après une décennie d’embargo. M. Sarkozy compte ainsi lancer une "coopération tous azimuts, dans tous les domaines" avec la Libye, un "acteur stratégique" du pourtour méditerranéen, a indiqué mercredi son porte-parole, David Martinon.
Le président français souhaite aussi pousser les entreprises françaises dans ce pays riche en pétrole et en gaz, alors que les échanges sont encore assez modestes et très déficitaires pour la France, sixième fournisseur de la Libye (433,6 millions d’euros en 2006). Ce pays a exporté en France pour 1,9 milliard d’euros en 2006, essentiellement des hydrocarbures.