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Libye | La charge de Kadhafi contre l’Union pour la Méditerranée
Publié le 11 juin 2008 à 23h36

Le numéro un libyen réunissait les pays arabes, mardi à Tripoli, pour évoquer l’Union pour la Méditerranée. En ouverture du mini-sommet, il a condamné ce projet "humiliant" et qui risque, selon lui, de diviser les pays du Sud.


Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi s’est déclaré contre le projet de l’Union pour la Méditerranée, au moins dans sa version actuelle, à l’ouverture d’un mini-sommet arabe mardi à Tripoli.

Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi s’est déclaré contre le projet de l’Union pour la Méditerranée, au moins dans sa version actuelle, à l’ouverture d’un mini-sommet arabe mardi à Tripoli.

"Nous sommes des pays membres de la Ligue arabe et aussi de l’Union africaine et nous ne prendrons en aucun cas le risque de déchirer l’unité arabe ou africaine. Il faut que nos partenaires (européens) comprennent bien cela", a dit le dirigeant libyen.

"Si l’Europe veut coopérer avec nous, qu’elle le fasse avec la Ligue arabe ou l’Union africaine (...) nous n’acceptons pas que l’Europe traite avec un seul groupe" de pays, a-t-il ajouté.

Vêtu d’une abaya traditionnelle et coiffé d’une chechia rouge, Mouammar Kadhafi a monopolisé la parole à l’ouverture du sommet auquel participent les présidents syrien Bachar al-Assad, mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi, tunisien Zine El Abidine Ben Ali, algérien Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre marocain Abbas El Fassi.

"Nous ne sommes pas de chiens pour qu’ils nous jettent des os"

Plus virulent, le colonel Kadhafi a estimé que les projets économiques promis aux pays du sud de la Méditerranée étaient un "appât" et représentaient "une sorte d’humiliation" pour ces pays.

"Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu’ils nous jettent des os", a-t-il lancé.

Des ministres des affaires étrangères et diplomates de pays arabes réunis au Caire le 24 mai 2008

Au sommet européen de mars, la France avait dû accepter que son projet se contente essentiellement de redynamiser un processus de Barcelone amorphe, et soit ainsi rebaptisé "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée".

"L’UE veille sur son unité et refuse sa division et l’initiative de notre cher ami (le président français Nicolas) Sarkozy a été rejetée fermement par l’Europe. La Ligue arabe n’accepte pas également de disperser ses rangs et de détruire son unité", a encore dit le dirigeant libyen.

"Un projet passager" voué à l’échec ?

Pour lui, l’UPM est un "projet passager" voué à l’échec comme ceux du processus de Barcelone ou de la politique de voisinage de l’UE avec ses partenaires de la rive sud de la Méditerranée.

Au sommet européen de mars, la France avait dû accepter que son projet se contente essentiellement de redynamiser un processus de Barcelone amorphe, et soit ainsi rebaptisé "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée".

Le concept initial de Nicolas Sarkozy faisait participer uniquement, côté européen, les pays riverains de la Méditerranée.

Le dialogue euro-méditerranéen de Barcelone a été lancé en 1995 par l’UE en direction des pays de la rive Sud. Outre les Palestiniens, il concerne neuf pays arabes.

A l’issue de son discours, le numéro un libyen a invité ses pairs à une réunion à huis clos qui s’est prolongée autour d’un déjeuner.

Selon un diplomate arabe à Tripoli, le sommet devrait adopter une position commune concernant l’adhésion des pays arabes de la rive de la Méditerranée au projet de l’UPM. "Il s’agit d’un sommet de concertations et il est peu probable que ses résultats soient annoncés", a-t-il indiqué.

Cette rencontre, à l’initiative de la Libye, doit examiner l’adhésion des pays arabes au projet d’UPM, lancé par le président Sarkozy et dont la proclamation est prévue le 13 juillet à Paris.

Vendredi dernier, lors d’un Forum des pays de la Méditerranée (Formed) à Alger, les pays arabes avaient demandé des "clarifications" sur la participation d’Israël à l’UPM.

Le même jour, le président français a affirmé que la présence d’Israël ne posait "pas de problème" à des pays comme l’Egypte, la Tunisie et le Maroc.

Photo : le colonel khadafi, Guide de la Jamahiria arabe libyenne

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L’Express

 
 
 
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