Le ministre de l’agriculture a effectué, la semaine dernière, une visite de travail des services relevant de son département dans la région de Matam et en a profité pour faire l’état des lieux de la filière du riz. A cette occasion, il a rencontré la SAED et le cadre de concertation des ruraux et d’autres organisations de producteurs. Malgré les problèmes liés à la maîtrise de l’eau et le financement des campagnes avec la cherté des intrants agricoles(engrais, gasoil, semences etc...), le ministre se dit optimiste quant à l’objectif du Sénégal d’atteindre l’autosuffisance du riz en 2015.
Le Sénégal pourrait connaître une rupture dans l’approvisionnement du riz thailandais pour cause d’une forte demande de la chine, ce qu’a révélé le ministre Hamat Sall lors d’un point de presse tenu au terme de son périple dans la région de Matam. Après un exposé liminaire de la politique agricole définie par le gouvernement, il annonce un certain nombre de mesures pour relancer la production locale du riz pour parer à toute éventualité de rupture des importations. Le constat général est que la production locale diminue au moment où les importations augmentent. Un phénomène qui fait que l’autosuffisance en riz semble utopique aux yeux des responsables du mouvement des acteurs de la filière. « Si la tendance n’est pas inversée nous n’atteindrons jamais les objectifs fixés par le ministre, a déclaré Saliou Sarr, un des responsables du mouvement des acteurs de la filière riz. Il ajoute que « sur un potentiel exploitable de 5 5000 ha, seuls 5000 ha sont emblavés sur toute l’étendue de la région de Matam ; ceci est insuffisant. D’autant plus qu’il faudrait une production de 700 000 tonnes de riz paddy par an au moins ; or, dans les conditions actuelles d’exploitation dans la vallée, nous ne pouvons produire que 200 000 tonnes de paddy ».
Selon M. Sarr, il faut non seulement augmenter les surfaces aménagées, mais aussi récupérer les périmètres abandonnés du fait des conditions difficiles d’exploitation (non maîtrise de l’eau avec des aménagements vétustes) et de la cherté des intrants agricoles. Ce qui rend les objectifs du gouvernement irréalisables. C’est surtout la flambée du prix du baril de pétrole et l’inaccessibilité de l’engrais à certains paysans avec la diminution de la capacité de production des ICS.
Pour Mamadou Diop du cadre de concertation des ruraux, il faudrait une large coalition autour de la filière du riz au sein de laquelle le gouvernement et les acteurs vont s’engager fermement. Pour cela, il s’agira d’augmenter les ressources allouées à l’exploitation et aussi protéger les paysans de la production jusqu’à la commercialisation. Parce que le sentiment des paysans est qu’ils sont laissés à eux-mêmes et pour eux, les importateurs du riz sont plus protégés. Et il termine en proposant à l’Etat de voir comment subventionner le gasoil et les engrais dont les prix sont devenus insupportables pour leur compte d’exploitation.
Les mesures prises dans le court terme, selon le ministre, consistent à augmenter les emblavures pour ainsi augmenter la production et chercher des sources de motivations pour les paysans. Par ailleurs, le programme ne s’arrêtera pas simplement aux aménagements, il prendra en charge d’autres aspects comme le crédit, la commercialisation et la transformation.