En plus du théâtre, du cinéma et autres expositions, la mode s’est invitée dans la biennale Dak’Art. A la place de la Semaine internationale de la mode (Simod) dont les éditions en années paires coïncidaient toujours avec le Dak’Art, la styliste Oumou Sy a tenu à participer à l’évènement, dans le cadre des manifestations « Off », à travers des défilés tenus au Métissacana, lundi et mardi derniers, en plus des différents spectacles qu’elle organise, depuis le début de la rencontre des arts contemporains, à Bandia, près de Mbour.
Plusieurs années durant, la Semaine internationale de la mode (Simod, qui ouvrait toujours par son carnaval) - quand Dakar était vraiment le lieu de rendez-vous obligé de la haute couture – a coïncidé (du moins pour les années paires) avec la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art). Ce, jusqu’à la fameuse histoire des « 100 mannequins », qui a constitué un frein pour Oumou Sy.
Mais cette année, la styliste et costumière de cinéma a tenu à renouer avec cette vieille tradition. Depuis le début de la biennale, elle organise, tous les deux jours, un défilé à Bandia (près de Mbour). Mais le clou de ses spectacles, ce sont les manifestations qu’elle a tenues au Métissacana, lundi et mardi derniers, en compagnie de ses élèves. Ces derniers, à l’instar de leur formatrice, ont fait montre d’une grande créativité.
Si lundi, les rois et reines d’Afrique ont été à l’honneur, la soirée du lendemain n’a pas dérogé à la règle. En effet, les élèves de 2e et 3e années ont rivalisé de talent avec les anciennes étudiantes des Ateliers Leydi. C’est ainsi que les spectateurs ont vu défiler les modèles de Salamata Sow et Aïta Diop (3e année), Awa Diallo et Rokhaya Diagne Faye (2e année), aux côtés de ceux de Mbène Mbow, Marième Sy, Awa Niang et Mame Diarra Rupert (toutes d’anciennes élèves), avant que les mannequins n’exhibent les 35 modèles de Oumou Sy.
Entre les doigts de cette dernière, toutes les ethnies d’Afrique ont été représentées (rois, reines, mariés, jeunes hommes et femmes, chefs religieux…). Mais surtout, un paradoxe : la styliste a tenu à montrer comment la femme africaine pouvait être à la fois pudique et séduisante. Alors, apparaissant voilées et drapées dans une sorte de tchador, les mannequins portaient, en dessous, tout un arsenal de séduction : robe moulante, colliers et autres bijoux luisants au cou, à la tête, aux poignets, ceintures de perles autour des reins, racines odorantes partout sur le corps, sans oublier les petits pagnes intimes, etc.
Les ovations du public ne pouvaient donc que se faire entendre devant un spectacle aussi captivant, notamment quand s’en mêlent les chanteurs Penda Sarr et Sidy Baïlel Thiam (le non-voyant), ainsi que les danseurs de « break » et les Freestylers.
Photo : Oumou Sy