En tant que mannequin, elle est montée sur les podiums des plus grands couturiers, dans les cinq continents. Revenue au Sénégal où elle a pris le temps de fonder une famille, elle revient à la mode, mais en tant que styliste. Elle va présenter sa première collection samedi prochain.
Top-Model international depuis 1989, alors qu’elle n’avait que seize ans, Kadija Sy évolue du mannequinât au stylisme. Une suite logique. Pour signer sa nouvelle orientation, elle démarre avec la collection « Boundou ». Une façon de rendre hommage à la contrée du même nom, située entre Tambacounda et Bakel, dont elle est originaire – ses parents sont issus du village de Sénoudébou. Cette région a joué un rôle non négligeable dans la richesse économique et historique de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi son organisation politique et administrative. Etant dépositaires du style musical « yelaa », les griots du « Boundou » comptent parmi les plus talentueux de la sous-région.
Pour son baptême de feu, Kadija Sy va organiser, samedi prochain, un défilé de mode au Complexe Sadiya, dont le parrain est le Nigérien Alpha et la marraine, Diouma Dieng Diakhaté. L’invité d’honneur en est le bijoutier ivoirien Michael. Kra Profondément attachée à ses racines pulaar, l’artiste a avoué, lundi dernier, au cours d’une conférence de presse, qu’elle puisait son inspiration du folklore et de la tradition de sa contrée d’origine pour créer des formes et un style. La rencontre avec les journalistes était aussi une occasion d’annoncer l’ouverture de l’école de formation au métier de mannequin qui porte son nom, afin de donner la chance aux jeunes filles de bien maîtriser les ficelles de cet art. Au-delà de la formation, elle pense aussi apporter son aide à l’enfance défavorisée.
En effet, selon Maguy Niang, un autre Top-Model, Kadija Sy qui a défilé sur les podiums des plus grands noms de la haute couture du monde, « est un modèle pour nous ». Des propos qui seront étayés par le programmateur Axel Bâ.
La carrière de l’artiste a démarré par un concours qu’elle a remporté avec l’agence Glamour, en 1989. Ce qui lui a permis de s’envoler vers la France. Mais puisque les promesses qui lui ont été faites n’ont pas été tenues, elle a dû se battre pour s’affirmer. Elle a défilé pour de grands stylistes internationaux. Rentrée au Sénégal en 1995, elle a poursuivi son métier, ponctué d’un nombre important de prix. En 2001, elle a marqué une pause pour se marier et regarder naître et grandir ses enfants.
Invitée à la conférence de presse, le député Kadidia Issaga Sy indique que « c’est une très bonne initiative. Le Boundou était un Etat théocratique jamais colonisé, même s’il a été sous protectorat français. Il était bien géré. Actuellement, il regorge de cadres et de grandes personnalités. Nous avons toujours eu de grands hommes et de grandes femmes. Qu’une femme, qui a parcouru le monde, appelle son label Boundou, c’est une fierté pour nous. C’est aussi une marque de reconnaissance. Nos richesses ne sont pas suffisamment mises en valeur ». Selon notre interlocutrice, la nouvelle styliste « se positionnera aux niveaux national et international. Nous souhaitons qu’il y ait encore d’autres réalisations pour que le Boundou puisse avoir le rayonnement qu’il mérite ».