En 2005, seules ses œuvres étaient au Sénégal pour l’exposition « Gorée, Regards sur Cours ». Cette année, pour la 6ème édition et sa deuxième participation à cette exposition, celle qui préfère son prénom, sans épithète, Ngoné, est au Sénégal pour présenter sa collection d’une décennie de recherches et d’innovations, composée d’accessoires hybrides, passerelle entre le bijou et le vêtement à base de fourrures et de plumes. Ngoné a créé des bijoux sur mesure pour les films « Black », de Pierre Laffargue en cours de tournage et, « Prêtes moi ta main » de Eric Lartigau. Ses créations qui reflètent un aspect « tribal », font un aller-retour sans cesse entre la tradition et la modernité pour un éloge à la Femme. Entretien
La Sentinelle : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Ngoné : Je m’appelle Ngoné ( heu, heu…..elle refuse de dire son nom encore moins celui de son mari) .Je suis née à Dakar en 1971 et je suis installée à Paris en France depuis 1990. Je suis autodidact j’ai commencé par l’enfilage de perles puis, j’ai décidé de m’initier à la création de bijoux auprès d’artisans vivant à Paris. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est un blanc qui m’a appris la fonte à cire perdu (art africain très répandu chez les Akan et les Baoulé) et un Africain qui m’a appris les techniques modernes du cristal et du métal. En 2001, je me suis inscrite à l’Ecole de bijouterie Nicolas Flamel de Paris d’où j’ai obtenu mon diplôme d’art du bijou et du joyau. Je réalise aussi des bijoux sur mesure pour le cinéma notamment le film en cours de tournage « Black » de Pierre Laffargue et celui de « Prêtes moi ta main » de Eric Lartigau. Cette exposition me permet de revenir au Sénégal, mon pays natal d’où je puise les fondements de ma créativité. La femme urbaine sénégalaise a toujours été ma première source d’inspiration.
La Sentinelle : La subtilité de vos créations s’apprécie t-elle seulement dans l’intimité de la femme ou vos accessoires hybrides peuvent-ils se porter de jour comme de nuit ?
Ngoné : De jours comme de nuit. C’est vrai que je me suis essayée un peu à faire des créations pour les hommes. Mais il faut dire que la femme me prend déjà beaucoup de temps et les sensibilités ne sont pas les mêmes. Dans les sociétés traditionnelles Zoulou et Massai par exemple, les femmes s’habillent de fourrures et de plumes sur un corps presque nue. C’est surtout dans la culture tribale africaine. Mes inspirations se situent au croisement de cultures cosmopolites (Afrique, Europe et Asie). Mes colliers habillent les vêtements pendant le jour. Pendant la nuit, la femme peut toujours l’utiliser pour sa sensualité et sa féminité. Pour moi, les bijoux font partie de notre culture et de notre patrimoine exotique.
La Sentinelle : En participant à l’exposition « Gorée Regards sur Cours », vous vous attendez à ce que le public reconnaisse votre talent ou le début d’une carrière internationale ?
Ngoné : Ce n’est pas la première fois que je participe à cette exposition. En 2005, je n’étais pas physiquement présente mais mes œuvres ont été exposées. Mes deux sœurs qui avaient organisé l’exposition m’ont fait parvenir les échos favorables du public sur mon travail. L’objectif pour moi est de permettre à ceux qui n’ont jamais vu mon travail d’avoir l’occasion de le voir. Pour ceux qui me connaissent déjà, de voir l’évolution de mes créations depuis une dizaine d’années.
Au plan international, mes bijoux que portent les acteurs principaux du film « Black » et les acteurs Alain Chabat, Charlotte Gainsbourg et Aîssa Maîga dans le film « Prête moi ta main » contribueront, je l’espère, à me révéler au grand public. Pour le reste, on croise les bras.