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Sénégal | Perles, strings, "bine-bine", "Jumbakh Out"... : L’arsenal de la séduction
Publié le 16 juillet 2007 à 18h53

La séduction, un art consommé au Sénégal. Entre trucs et astuces, entre perles et strings, les Sénégalaises rivalisent d’ingéniosité pour « attraper » les mecs qui tombent souvent dans les filets tendus. Voyage dans le monde sulfureux de la séduction à la Sénégalaise.


Sénégal, pays de la «  téranga » mais aussi de la séduction. Jeunes comme vieilles, les femmes de pays de l’Afrique de l’Ouest, portent un soin particulier à leur mise. « Bien paraître" ou « mourir », tel pourrait-être leur devise.

Boubous, chemisiers, jeans, chaussures, bijoux,…tout est choisi avec soin pour attirer le regard, susciter le désir et la convoitise. Car, pour elle, il n’y a pire malheur que de ne point se sentir le point de mire de toutes les attentions. Elles ont donc su, pour ainsi dire, surmonter la légendaire pudeur de leurs autres sœurs africaines, pour aller à la conquête du sexe dit fort. Le souci majeur de toutes étant de trouver « chaussures à leurs pieds ».

Et si aux heures de prières ou le vendredi saint, rien ne fait douter de la sagesse de ces gazelles au cou gracile ou de leurs aînées en tuniques et voiles, il suffit de les observer dans la rue, à l’université, au bureau ou encore plus dans leur intimité si elles sont mariées pour découvrir qu’en somme, elles sont de véritables « diablesses ».

Toujours tirées à quatre épingles et versant quelquefois même dans l’atteinte à la pudeur, ces gazelles accordent un intérêt particulier à leur vie de couple. Elles vivent pour le mariage et par le mariage. Et pour cela, il n’y a pas d’autre moyen que de mettre bien en exergue ces atouts. Strings, perles, nombrils, tout est exhibé tel dans une vente aux enchères pour trouver le plus rapidement possible preneur. Et pour accélérer le processus, des mesures draconiennes sont prises : se parfumer à l’extrême, se promener à moitié nu, dépenser de fortes sommes d’argent dans l’acquisition de vêtements et de bijoux de valeur et, si cela ne suffit pas, se dépigmenter la peau pour ressembler aux personnages des télénovelas ; idéal de virilité et de séduction.

Un comportement qui offusque

Ne l’oublions pas, le Sénégal est un pays où si l’on en croit les statistiques, la population est à près de 90 % musulmane. Une religion qui, jusqu’à preuve du contraire, est très regardante sur le comportement vestimentaire de ses fidèles. Alors, comment expliquer cette dualité spirituelle et comportementale des sénégalaises ? Qui de la religion ou du comportement fait fausse route ? Ou est ce la nouvelle expression de cette religion ouverte à la modernité et à la mondialisation ? Certainement pas puisque ce n’est qu’au Sénégal qu’on remarque pareil phénomène. Si parler librement de la sexualité et offrir aux femmes mariées et aux jeunes filles l’opportunité d’en apprendre davantage pour gérer au mieux leurs couples est louable, les images qu’on observe dans la rue en sont plutôt les déviances. Une situation qui ternit un tant soit peu l’image du Sénégal aux yeux des étrangers.

Rokia est une étudiante ivoiro-béninoise à la faculté de droit de l’université Cheikh Anta Diop. Pour cette jeune fille de 23 ans, la situation parait dramatique. Car, musulmane de confession, elle estime que les « filles se sont totalement détournées des préceptes de leur religion. Une femme respectable doit décemment couvrir son corps et le protéger des yeux des hommes. Ce qui n’est pas le cas pour beaucoup de filles et même de certaines femmes ici ». En venant pour la première fois à Dakar en Novembre 2005, elle pensait venir à la source de l’Islam en région ouest africaine mais elle a vite déchanté. Car, déjà à l’aéroport, à sa descente d’avion, le spectacle était visible.

Pareil pour son camarade Mathieu, ingénieur de profession. Pour lui, le problème de religion ne se pose pas. Il n’est pas musulman. Mais le spectacle ne cesse de l’étonner même s’il en tire le plus grand plaisir. En effet, il a remarqué que lors des séances de danse publique, il peut se transformer en voyeur, vu que les femmes y « exhibent pas mal de choses intéressantes » pour le regard masculin. Ce qui fait dire à un homme de l’église catholique, que « c’est déplorable ». Car, « les mots dépravation des mœurs et atteinte à la pudeur ont pris le pas sur la séduction ». Pour le sociologue Djiby Diakhaté, « le Sénégal va à la dérive si rien n’est fait. La séduction en elle même n’est pas un mal. Mais la tournure qu’elle prend est préjudiciable ». Même les petites filles s’y mettent : poses langoureuses, tenues tailles basses, piercing à des endroits inimaginables…

Séduire autrement

Même s’il faut que jeunesse se passe et que la femme déploie ses charmes pour se trouver un compagnon, il n’en faut pas moins tourner le dos à la culture et aux réalités religieuses. S’il est vrai que vrai que le contexte de la polygamie nécessite de la part des femmes de l’inspiration constante pour séduire, il n’est pas pour autant besoin d’y perdre son âme. Car, faudrait-il le rappeler, culturellement et religieusement parlant, la femme belle est celle qui sait être élégante sans verser dans le nudisme. Pour preuve, les femmes «  ibadou » (intégristes) et autres qui ne laissent voir que leurs visages. Et qui selon l’initiatrice de la mode Boule à Zéro et responsable des magasins Pro’vocation, Oumou Ndiaye Chamley, « ne sont pas moins séduisantes ». Des femmes qui mettent plus l’accent dans l’alliage des couleurs de leurs vêtements, les chaussures qu’elles portent et leur port de tête. Mieux, la séduction ayant toujours existé, nos mères, grand-mères et arrières grand mères l’ont pratiquée et ont connu un mariage heureux, alors qu’en ce temps-là, la mode « jumbakh out » n’existait pas. Sinon comment s’y sont elles prises pour se happer une âme sœur ?

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Armelle DAGBA

 
 
 
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