Le chef d’Etat-major des armées de Côte d’Ivoire, le général Philippe Mangou, a décidé d’aller en guerre contre les éléments des Forces de l’ordre qui s’adonnent au racket et autres tracasseries routières. Il a déclaré Lundi dernier, à Abidjan que le temps de la répression a sonné.
« Les vieilles habitudes ont la peau dure », dit-on. Le racket policier est presque institutionnalisé en Côte d’Ivoire depuis quelques années tant ils sont nombreux les éléments des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) qui s’adonnent à cœur joie à cette pratique sous le regard complice de la hiérarchie. Malgré les multiples séminaires, ateliers et études, ce fléau a continué de gangréner la société ivoirienne. Aussi, l’Etat-major des armées a t-il décidé de passer à la phase de répression en lançant, lundi à Abidjan, l’opération « Fluidité routière ».
Sur une distance de 200 Km sur l’autoroute du nord (voie internationale reliant Abidjan au nord), le chef d’Etat-major des armées, le général Philippe Mangou, qui a dirigé une délégation composée d’officiers des FDS, de syndicalistes, d’opérateurs économiques et transporteurs, a effectué une mission de sensibilisation sur le terrain.
A chaque barrage des FDS, le CEMA a tenu un langage clair ; à savoir que les nombreux barrages informels et autres tracasseries routières tuent l’économie nationale. ‘’Au moment où les politiques se sont accordés pour dénouer la crise, il nous appartient de relever le défi d’exercer avec dignité nos fonctions respectives ; d’accomplir nos missions avec rigueur et professionnalisme en refusant de s’adonner à des pratiques honteuses d’extorsion de fonds’’, a raisonné le Général Mangou.
Pour lui donc, il convient d’extirper des rangs des FDS les brebis galeuses qui constituent une minorité annihilant le travail abattu par la majorité. Pour dénicher ces ‘’mauvais agents’’, le chef d’Etat-major a invité les agents commis pour le contrôle à porter, désormais leurs badges. Mieux, des contrôles inopinés seront effectués, a poursuivi le patron de l’Etat-major.
Le magistrat capitaine de Frégate, Ange Bernard Kessi Kouamé (procureur militaire d’Abidjan) faisant partie de cette délégation s’est, pour sa part, montré très ferme contre les récalcitrants. Il a promis de sanctionner sans complaisance les éléments des Forces de l’ordre qui viendraient à enfreindre ces mesures énoncées par l’Etat-major des armées.
En vue de montrer les limites des FDS dans les contrôles de routine, une liste des pièces exigibles (passagers et véhicules) dans les postes de contrôle a été rendue publique. Et pour permettre à toute personne victime de tracasserie de joindre le Commandement supérieur et la Police nationale, deux numéros de téléphone ont été communiqués.