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Mauritanie | Sarkozy en Afrique : Nouakchott peu concernée
Publié le 26 juillet 2007 à 22h46

(De notre correspondant à Nouatchott)-Après avoir parcouru deux pays arabes africains les 10 et 11 juillet dernier (Algérie et Tunisie), le Président français Nicolas Sarkozy entamera une mini tournée en Afrique noire à partir du 26 juillet 2007. Le moins que l’on puisse dire, est que les étapes programmées du Sénégal et du Gabon passent inaperçues en Mauritanie. Il faut dire que les relations entre Paris et Nouakchott ont connu un coup de froid depuis que l’ex Président mauritanien avait rejoint le camp des Etats Unis dans sa croisade contre le terrorisme au lendemain du 11 septembre 2001.


En raison d’une actualité nationale fournie (problèmes du retour des déportés et du « passif humanitaire », question de l’esclavage, procès des présumés salafistes, enquête sur la drogue à Nouadhibou, remous au sein du monde l’Education etc.), la visite au Sénégal et au Gabon du Président français est très peu commentée à Nouakchott. Dans les milieux officiels, il n’y a pas encore eu de commentaires ou de déclarations par rapport à cette mini tournée. Même la presse indépendante ne s’est pas penchée sur ce sujet préférant se consacrer exclusivement aux nombreuses questions nationales. La rue de Nouakchott n’échappe pas également à ce constat. Si une actualité étrangère est commentée, elle tourne autour du problème palestinien ou irakien en général.

Il y a lieu de souligner que l’influence de la France en Mauritanie s’est considérablement réduite après les vagues successives d’arabisation à outrance de l’administration et de l’éducation à partir du milieu des années 80. Le rapprochement de la Mauritanie de certains pays arabe, en l’occurrence l’Irak, s’est fait au détriment de la France dont la culture se voyait rejetée par une bonne partie de la population. Paris restait tout de même l’un des premiers partenaires bilatéraux mauritaniens en dépit de l’évolution en dents de scie des relations entre les deux capitales. La Mauritanie supportait mal les fréquentes réprimandes du gouvernement français et du parti socialiste pour les nombreuses violations des droits de l’homme commises entre 1986 et 1991.

Autre sujet de friction entre les deux pays : les évènements ayant opposé le Sénégal à la Mauritanie. Nouakchott accusait Paris de prendre fait et cause pour Dakar. C’est seulement après l’arrivée de Chirac à la tête de l’Etat français en 1995, qu’un nouveau souffle allait être donné à la coopération franco-mauritanienne. Celle-ci culminait lors de la visite du Président français en Mauritanie en septembre 1997. L’idylle ne durera pas longtemps car les socialistes revenus au pouvoir après les élections législatives organisées durant la même année, remuaient à nouveau des dossiers de violations des droits de l’homme en Mauritanie.

Ainsi le capitaine Ely Ould Dah, suspecté d’actes de tortures et de violations graves des droits de l’homme, était arrêté et placé en détention provisoire en France en 1999. La Mauritanie réagissait de manière musclée en décidant de renvoyer les coopérants militaires français avant de remettre en cause plusieurs pans de la coopération entre les deux pays. Curieusement, la même année, avec la bénédiction de Washington, Nouakchott établissait des relations diplomatiques avec Tel Aviv. La Mauritanie amorçait alors un net rapprochement avec les Etats-Unis qui sera renforcé après les évènements du 11 septembre 2001.

Le Président Maawiya obsédé par le tout sécuritaire, se rangeait du côté américain dans le cadre de la lutte contre le terrorisme international. Après les séries de tentatives de coups d’Etat qui ont ébranlé la Mauritanie en 2003 et l’attaque de la garnison militaire de Lemgheity en juin 2005 par des prétendus terroristes salafistes, le Président Maawiya penchait résolument du côté israélo-américain. Parallèlement à ces prises de positions officielles, la France , pour son attitude engagée face aux violations des droits de l’hommes commises durant le règne de Ould Taya, était accusée par les courants arabophones sectaires, de parti pris pour les populations négro-africaines victimes. Ainsi, la politique française est encore regardée avec suspicion par une partie de la population mauritanienne.

En outre, le Président Sarkozy ne bénéficiait pas de courant de sympathie alors qu’il était Ministre de l’Intérieur. Au contraire, cet homme était perçu en Mauritanie comme un raciste qui n’avait pour ambition que de débarrasser la France des émigrés, africains en particulier. Depuis qu’il est devenu Président, son image s’est légèrement améliorée à Nouakchott où beaucoup espèrent qu’il va mettre fin à la politique paternaliste et controversée de l’ex Président français. Toutefois, il faut rappeler que cette visite en Afrique reste largement très peu commentée dans la capitale mauritanienne.

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Birome Guèye

 
 
 
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