ZURICH - La France, l’un des grands favoris, a très mal débuté son Euro en calant lundi contre la Roumanie (0-0), adversaire pourtant le plus modeste du groupe C, celui "de la mort", qui promet de sérieux tourments aux Bleus avant les Pays-Bas le 13 juin et l’Italie le 17 juin.
A la pause, un Raymond Domenech songeur mordillant l’une des branches de ses lunettes en disait déjà long sur le désappointement français.
Les nuits vont être encore plus courtes pour le technicien : la France a de grands attaquants, mais elle ne marque pas !
En première période, dans un match alors sans aspérités, les Bleus ont manqué de ressort, parfois d’idées, leur belle attaque se grippant avec un Karim Benzema trop timide. Le jeune buteur de l’OL a sans doute été tétanisé par le poids de l’événement : titulaire à 20 ans pour son premier grand tournoi, pour le match d’ouverture des Bleus dans le groupe le plus relevé.
Au retour des vestiaires, les choses ont même failli mal tourner pour les vice-champions du monde, quand, à eux deux, Chivu et Mutu ont organisé un petit siège du camp bleu. La bande à Thuram s’en est alors remise à ses "ailes", Franck Ribéry et Florent Malouda, pour apporter un peu de tonus et s’offrir quelques occasions. Pas suffisant.
Le Guyanais a vu son tir passer au-dessus au terme d’une belle chevauchée (49e). Puis une nouvelle déception est venue d’un tir trop mou de Benzema, après beau décalage de Ribéry (58e). Et le match redevenait terne.
Comme attendu, le sélectionneur français avait aligné un 4-4-2 à plat, avec Jérémy Toulalan à la place de Patrick Vieira, finalement confirmé dans les 23, la seule bonne nouvelle des Français de la soirée. Benzema était titularisé aux côtés de Nicolas Anelka, Thierry Henry étant doute ménagé pour la suite après des petits soucis physiques.
Mais l’attaque bleue, qui fait tant rêver la planète football, n’a pas trouvé le bon carburant. Et s’est même fait siffler en fin de match.
Benzema est le roi en Championnat de France, avec son titre de meilleur buteur (20 buts). Mais dès la descente du bus des Bleus, il n’était plus qu’un gamin de 20 ans, tendu à l’idée de sa première titularisation dans un tournoi majeur.
Et cette crispation n’allait plus le quitter. Un comble : il ne retrouvait même pas sa complicité technique avec Ribéry, celle qui avait tant fait saliver durant deux matches de préparation des Bleus. Le jeune joueur de Lyon ne faisait plus la différence en un contre un et ne tirait pas au but non plus. Il fallut attendre la 42e minute pour voir un une-deux avec Ribéry, en vain. Triste.
A Zurich, en début de match, Ribéry était loin d’être le "Kaiser" Franck de Bavière. On attendait plus de lui, il est resté un peu en retrait, avant de prendre ses responsabilités, enfin, en seconde période. Seul Anelka a toujours tenté de peser avec régularité.
Au milieu, la paire Makelele-Toulalan a bien fonctionné. Le vieux +Make+ est toujours aussi précis, tandis que Toulalan, pour sa 14e sélection, s’est parfois comporté en vieux briscard, contrôlant bien Adrian Mutu. +Maké+ le "taulier" s’est aussi fendu de "recadrages", envers Eric Abidal par exemple.
La défense des Bleus, qui reste sur cinq matches consécutifs sans encaisser de buts, n’a pas été géniale, mais solide, sous la houlette d’un Lilian Thuram surmotivé pour ce qui est sans doute son dernier grand tournoi. Quelques déchets dans le jeu de Willy Sagnol ont toutefois fait tache.
En fin de match, les entrées en jeu de la "Panthère" Gomis, à la place d’Anelka, et de Samir Nasri à la place de Benzema, n’ont pas permis de changer la donne.
Victor Piturca, lui, peut se frotter les mains. L’Euro commence bien pour les Roumains.
Photo (AFP) : Franck Ribéré tente d’échapper au Roumain Razvan Rat, le 9 juin 2008 à Zurich