Les organisations non gouvernementales humanitaires souhaitant travailler au Zimbabwe ont été suspendues et vont devoir demander une nouvelle accréditation en promettant de ne pas se mêler de la politique du pays, a déclaré vendredi le gouvernement.
"A l’heure actuelle, il n’y a aucune ONG (...). Nous avons demandé à toutes les ONG de présenter une nouvelle demande" d’accréditation, a confirmé à l’AFP le porte-parole du gouvernement, Bright Matonga.
Le ministre de la Fonction publique Nicholas Goche a envoyé une lettre à toutes les organisations humanitaires opérant dans le pays leur enjoignant de suspendre leurs activités "jusqu’à nouvel ordre", avait indiqué jeudi soir une source proche de l’Association nationale des Organisations non-gouvernementales (ONG).
"Elles se sont impliquées dans des activités politiques et se comportaient comme des partis politiques, alors qu’elles étaient supposées compléter les efforts du gouvernement", a expliqué le porte-parole du gouvernement.
"Il est apparu qu’elles avaient dévié de leur travail ordinaire. Nous voulons donc qu’elles disent clairement quelles sont leurs intentions et qu’elles soient liées par ces déclarations", a poursuivi M. Matonga.
La suspension des activités des ONG intervient alors que le gouvernement intensifie ses mesures de contrôle avant le second tour de l’élection présidentielle du 27 juin.
La police a bloqué jeudi pendant quelques heures des diplomates américains et britanniques sur une route du nord-ouest du pays en prétextant qu’ils avaient participé à une réunion interdite de l’opposition.
Le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai avait quant à lui été détenu pendant neuf heures mercredi avant d’être libéré.
Le président Robert Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis 1980, s’en prend régulièrement aux organisations internationales, accusées par son régime de distribuer leur aide de manière sélective.
Mardi, lors du sommet de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il accusait encore les pays occidentaux de se servir des ONG pour tenter de le renverser.
Pourtant son pays est aujourd’hui très dépendant de l’aide alimentaire. Ancien grenier à céréales de la région, le Zimbabwe est devenu importateur net et ne réussit pas à nourrir sa population, surtout dans les zones rurales.
Dans un contexte d’hyperinflation, à près de 165.000% par an officiellement, les Zimbabwéens, dont l’espérance de vie a chuté à 36 ans, ont pour la plupart pris l’habitude de sauter au moins un repas par jour.
Photo : Le président du Zimbabwe Robert Mugabe le 3 juin 2008 au sommet de la FAO à Rome
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