Par Mohamadou SY « Siré »
En faisant une sortie au vitriol contre la Fao et les Ong, Me Wade cherche t-il des boucs émissaires contre la mauvaise gestion des capitaux des partenaires au développement ? En effet, les bailleurs de fonds envisagent de passer par le secteur privé pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement.
Cela commence à être une marque déposée chez Wade : trouver toujours un ou des responsables à la situation de malaise économique que traverse le pays et partant du continent africain. Contre la Fao que dirige Jacques Diouf, Me Wade l’accuse d’avoir accentué les difficultés du secteur primaire et propose purement et simplement sa dissolution. Aux Ong, il leur reproche de détourner les fonds destinés au monde rural. Lui et son gouvernement ne sont jamais responsables dans la perspective « wadienne », de la crise multiforme que traverse le pays (santé, éducation, pouvoir d’achat etc…).Loin de disculper certains pour incriminer d’autres, deux grilles de lecture s’offrent pour expliquer cette passe d’armes entre Me Wade, la Fao et les Ong.
La mission de la Fao (des institutions du système des Nations unies de manière générale) n’est pas initiale mais plutôt seconde. En ce sens que leurs interventions s’inscrivent davantage dans l’appui budgétaire dans leurs relations avec les Etats.
Pour les Ong, le champ d’activités était traditionnellement les secteurs jusque là inexplorés par les pouvoirs publics. Aujourd’hui, avec la mondialisation, les Ong concourent à côté de l’Etat, dans les secteurs économiques, sociaux et culturels pour un développement intégral.
Avec des milliards injectés dans des projets de développement à la base, jamais le monde rural n’a été au bout de ses peines. Les projets les plus récents sont le Programme de soutien aux initiatives de développement local (Psidel) du 8ème Fonds européen pour le développement (Fed) et le Programme national d’infrastructures rurales (Pnir). L’Union européenne et les Etats-Unis à travers l’Usaid, ont décidé de coordonner leurs actions à travers le Programme national de développement local (Pndl) qui tarde à exécuter des actions concrètes sur le terrain. Par conséquent, les bailleurs de fonds envisagent sérieusement de confier leurs interventions aux privés sénégalais avec une obligation de résultat à la clé.
C’est cela que le Président de la République voit venir et qui le pousse à porter sur la Fao et sur les Ong la responsabilité de ces investissements à coups de milliards des bailleurs de fonds sans résultats concrets sur le terrain.
Seulement, semble oublier Wade, qu’un Etat organisé n’attend pas principalement l’aide au développement pour mettre sa population …. « En route vers le sommet » de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana).
Il est temps que le Président se ressaisisse, car il est minuit moins cinq.