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Sénégal | VIOLENCE - Au siège du Parti démocratique sénégalais : Cacophonie libérale
Publié le 7 juin 2008 à 15h17

Hier, le siège du Pds a abrité un de ces spectacles sempiternels chez les libéraux. Une réunion des responsables de base de ce parti était convoquée, mais au finish, les muscles ont eu raison sur tout.


Siège du parti au pouvoir à l’heure où les Assises nationales maillent le pays en silence. Des troubadours titillent l’orgueil des responsables libéraux pour quelques sinécures à l’occasion. Ils arrivent dans de luxueuses voitures, bombent le torse devant les flatteries des griots et militants avec un brin de sourire, avant de rejoindre la salle de réunion. Le local qui porte le nom du défunt Mamadou Lamine Badji accueille ce soir les membres du Comité directeur, les présidents de fédération et tous les responsables des jeunes et des femmes du Parti démocratique sénégalais (Pds). Et la rencontre commence dans la salle de réunion du siège sous la supervision de l’administrateur général du Pds, Abdoulaye Faye et du secrétaire général chargé des structures, Ousmane Masseck Ndiaye. C’est ce dernier qui a convoqué la réunion. La clameur du jour cède devant la pénombre du crépuscule et il ne se passe encore rien d’insolite. Mais, ce ne sera pas pour longtemps. Subitement, un brouhaha persistant provenant de la salle de réunion, brise la sérénité et le calme des lieux. Les portes de la rencontre supposée être à huis clos s’ouvrent, offrant un désopilant spectacle « bleu » : Cacophonie, confusion, bousculades. Tout le monde parle. Ça se querelle fort. On distingue à peine les responsables qui cherchent à calmer ou à séparer les uns et les autres. Mamadou Lamine Keiïa, responsable des jeunes libéraux est assailli derrière une table qui le sépare d’autres jeunes, qui le menacent presque. Lui reste calme. Parmi les assaillants qui contestent visiblement son leadership dans la structure des jeunesses, on reconnaît l’ancien porte-parole de l’Union des jeunesses travaillistes et libérales (Ujtl), Abdou Mbow. Ses phonèmes se perçoivent difficilement malgré ses grands gestes qui contrastent avec sa petite taille. Et puis, le bonhomme sera bientôt malmené par un autre jeune. Il est bousculé par un homme plus costaud en caftan blanc.

LA LOI DES NERVIS

A cet instant, certains militants quittent la salle pour éviter peut-être de prendre un coup. A l’image de Moustapha Diakhaté du Courant Walu Sopi qui lance laconiquement : « J’ai choisi Walu. » Mais, bientôt le modérateur va réussir à reprendre les choses en main et la salle est fermée à nouveau. Calme précaire ! En effet, au moment où le ministre de la Jeunesse est contesté, un de ses proches est allé chercher du renfort. Il revient à la tête d’une bande de musclés, des nervis ignorant toute règle de bienséance. Ces derniers entrent calmement dans le siège Amadou Lamine Badji et se dirigent vers la salle de réunion. Même les griots se taisent à leur passage, tellement ils sont interloqués par la présence de ces physiques de chevaux de course dans cette réunion, supposée regrouper les dirigeants du parti. Et gare à ceux qu’ils retrouvent sur leur route ! En effet, un jeune homme à la chemise bleu clair trouvé devant la porte, l’a compris tardivement. Le pauvre ! Les nervis feront de lui et en quelques secondes, une loque, sonné qu’il est, par une pluie de coups de poings. Quand les nervis ont fini de forcer la porte pour applaudir M. Keïta, Mamadou Fall est assis sous les escaliers touchant et retouchant son visage pour constater les dégâts, ses mains tremblant, se demandant ce qui s’est passé. Il est méconnaissable et sonné. Après investigation, on apprend que le malheureux se nomme Mamadou Fall et était invité sur les lieux par Lamine Thiam pour préparer la rencontre des enseignants libéraux qui doit se tenir aujourd’hui, samedi. Jusqu’à présent, il cherche à comprendre les raisons d’une telle violence. D’après notre source, il envisage de porter plainte, même si certains responsables libéraux tentent de l’en dissuader.

Dans la pièce où maintenant tout le monde est « dirigeant », parce que tout le monde assiste à la rencontre, les nervis s’installent au fond et ovationnent à tout va à chaque fois que le nom de M. Keïta est cité. C’est le cas, quand Ousmane Masseck Ndiaye, directeur des structures, tente de sauver la face en rappelant que c’est « Keïta qui est officiellement le responsable des jeunesses libérales ».

Toutefois, tout cela ne signifie rien au regard d’Abdoulaye Faye. Il explique que les disputes et autres querelles intervenues lors de la séance, témoignent de la vivacité du Pds. « Cela va avec la massification du parti. Ceux qui pensent que c’est un signe de dislocation, se trompent ! » De la même manière, M. Keïta rassure son monde. Il dit qu’il maîtrise la situation et c’est à lui de gérer le problème de l’Ujtl, se vante-t-il, encouragé par ses nervis. Les responsables du parti acquiescent. Comme ils observent, à la fin de la réunion, Lamine Keïta triomphant distribuant un sourire, le poing en l’air sous l’escorte de ses nervis.

Et puis, va pour les discussions sur qui a tort et qui a raison dans les parages. Sacré parti !



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pape | Sans titre

Violence au PDS, cela ne surprend plus. J’ai même entendu que les participants aux assises nationales risquaient la cour d’assise. Quel paradoxe : le régime qui gracie les assassins et les indemnisent veut juger à la cour d’assise les citoyens qui exercent leur liberté de réunion. Aprés tout pourquoi pas si les sénégalais acceptent tout.

 
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