Il est l’un des patriarches de la musique moderne sénégalaise, mais aussi l’un des plus engagés. Tout le long de sa carrière bien remplie, même si elle n’a pas été de tout repos, il n’a eu de cesse de former des jeunes de manière informelle. Désormais, il a décidé de se formaliser en créant une école, au profit de la jeunesse de son pays. Au bénéfice aussi de la musique sénégalaise qui souffre, depuis quelques années, de beaucoup d’imperfections.
L’artiste musicien Ousmane Diallo alias Ouza vient d’ouvrir une école de musique dans laquelle seront formés des jeunes garçons et filles. Cette structure dénommée « Musique aide musique » (Mam) a, selon l’artiste qui a tenu une conférence de presse à la Maison de la culture Douta Seck, un double objectif : assurer sa propre relève et former les jeunes et les aider à réussir afin de pérenniser son propre genre musical.
Pour l’auteur-compositeur, qui comptabilise 19 albums produits depuis les années 70, le Sénégal a besoin de ce genre d’école afin de « recentrer les textes de certains musiciens qui ont tendance à verser dans la débauche musicale » et dans l’obscénité, mais surtout dans la facilité. Selon lui, il y a trop de cacophonie. Les jeunes chantent faux » constate t-il. Ainsi, il a envie de montrer au public sénégalais qu’il y a une autre facette de la musique. Son objectif est de « redorer le blason de la musique sénégalaise ».
Ainsi, à partir d’une tournée dans toutes les régions administratives du pays, « Père » Ouza, qui est l’un des doyens de la musique moderne sénégalaise, va identifier et sélectionner des jeunes ayant des potentialités dans le domaine musical. La tournée de « Mam » envoie aux grands-parents, ces sages éducateurs, ou au patriarche, débutera par une soirée de gala prévue le 11 juillet prochain au Théâtre national Daniel Sorano, avec la participation de tous les ténors et des jeunes artistes de la musique sénégalaise. Les recettes des différentes manifestations seront versées dans les caisses de l’établissement.
D’après Ouza Diallo qui est l’un des chanteurs sénégalais les plus engagés, « Mam » vivra du soutien des mécènes, sans être obligé de tendre la main ni d’emprunter aux banques. « Avec la participation des acteurs et opérateurs culturels, des autorités locales et des populations, il sera possible de maintenir cette école en vie », qui coûte environ 74 millions de frs Cfa, dit-il.
Selon lui, le cycle de formation durera un an et concernera 28 jeunes issus de toutes régions.