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Sénégal | Lutte contre la criminalité transnationale organisée : les pays africains se mobilisent
Publié le 10 juin 2008 à 20h33

Un atelier régional africain pour le renforcement de la coopération judiciaire internationale entre les pays africains pour combattre la criminalité s’est ouvert, ce lundi à Saly. Pendant trois jours, commissaires de police, magistrats et spécialistes de l’office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) vont échanger et affûter leurs armes afin que l’Afrique cesse d’être une passoire pour les trafics du genre.


"Le continent africain est le théâtre d’un nombre croissant d’activités criminelles, telles que les trafics de drogues, d’armes, de cigarettes ou même d’animaux. Nous sommes les témoins, à cet égard, non seulement de l’émergence de nouveaux groupes criminels toujours plus organisés mais aussi de la modernisation des techniques de trafic, comme de la diversification des domaines d’activités de ces groupes, ce qui génère d’importants profits".

Cette déclaration est de Antonio Mazzitelli, Représentant régional de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre et partagée par la totalité des participants à l’atelier et qui montre la nécessité d’une telle rencontre. Car, à en croire Mohamed Najim, Magistrat malien, "le besoin d’une fusion de toutes les nations africaines s’impose dans cette chasse aux trafics de stupéfiants et autres crimes assimilés. En effet, à l’heure où nous sommes, un Etat pris isolément, même s’il pratique les méthodes les plus efficaces, ne pourra parvenir à un grand résultat. Pour preuve, la porosité de nos frontières qui est un avantage remarquable pour les convoyeurs de drogue".

Une situation qui devrait être résolue depuis fort longtemps grâce à l’adoption, par la plupart des pays, de la convention contre la criminalité transnationale organisée. Seulement, "force est de constater que cet arsenal que constitue la convention n’est pas exploité autant qu’il le pourrait", souligne Antonio Mazzitelli. Selon lui, le présent atelier serait "la réalisation concrète de la décision 3/2 de la conférence des parties tenue en octobre dernier à Vienne, par laquelle les Etats ont affirmé leur volonté à renforcer la coopération en matière d’extradition et d’entraide judiciaire en se servant de la convention comme fondement juridique".

Ainsi, trois objectifs sont assignés aux délégations : répondre à la nécessité de présenter de manière approfondie les mécanismes d’extradition et d’entraide judiciaire contenus dans les textes internationaux, créer des synergies entre les 27 pays participants mais aussi entre les autorités judiciaires et policières de ces pays et faire progresser les législations nationales en incitant les autorités étatiques à les incorporer et à les mettre en œuvre.

Selon le Ministre de la Justice du Sénégal, Me Madické Niang, des avancées notoires sont déjà faites dans le domaine de la lutte contre la criminalité transnationale. Ainsi, "la loi n° 12-2005 relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes a été adoptée par l’Assemblée nationale du Sénégal le 29 Avril 2005. Et en ce moment même, un plan d’actions de lutte contre la traite des personnes est en cours d’élaboration". Sachant que la criminalité transnationale organisée se sert de la corruption et d’autres leviers illicites et illégaux comme le blanchiment d’argent, des textes de loi ont été également adoptés sur la question. C’est le cas de la loi uniforme n°2004-09 du 06 Février 2004 relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et de la commission nationale de lutte contre la corruption, la concussion et la non transparence. De même, selon le Ministre de la Justice, les procédures et peines ont été renforcées pour tous les détenus liés au trafic de drogue et autres.

Et c’est dans ce sens que, répondant à un confrère sur une société de téléphonie mobile qui a gagné un marché au Sénégal, quand bien même suspecté de faire du blanchiment d’argent, Madické Niang a déclaré attendre "les preuves des allégations portées contre cette structure pour agir. Car, il est hors de question que le Sénégal soit la plaque tournante de pareils forfaits. Le Sénégal est décidé à tout faire pour éradiquer les sanctuaires d’impunité que tentent de bâtir les acteurs de la corruption et de la criminalité".

D’autres sujets non moins importants tels que la cybercriminalité et la prolifération des armes légères ont été également abordés.



Anicette A. DAGBA
 
 
 
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