La démarche qualité dans un contexte de mondialisation est devenue une composante indispensable. C’est pour discuter de l’intégration de cette donnée de concurrence dans la recherche que les chercheurs de la sous région tiennent un colloque dont le thème est : "Qualité en recherche : apport et perspectives en Afrique de l’ouest".
Le colloque organisé par l’IRD, le CRDI, et l’Ambassade de France, rassemble près d’une centaine de chercheurs d’Afrique de l’Ouest et d’Europe. Au Sénégal, les chercheurs présents sont ceux de l’Institut sénégalais pour la recherche agricole, Institut de technologie alimentaire, Institut de recherche pour le développement, de l’école vétérinaire, de l’Univestité de Dakar (Ucad plus nombreux).
Ce colloque répond à un déficit dans le domaine de la recherche, en Afrique de l’ Ouest. "On s’était aperçu que les vraies démarches de qualité dans les vrais laboratoires de recherche de nos collègues sénégalais ou de la sous région étaient très rares voire quasi inexistantes. Donc, on a eu cette idée de lancer un colloque qui a d’abord pour but de sensibiliser nos collègues à l’idée de la qualité et à l’idée de l’existence de cette normalisation", explique le chercheur, Christophe Rafenberg, de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), initiateur du colloque. "L’autre perspective est de démontrer aussi l’intérêt de cette démarche, de montrer à nos collègues scientifiques ces problèmes de traçabilité, de visibilité, de crédibilité qui peuvent aider les laboratoires d’Afrique, de la sous région et du Sénégal à émerger, à avoir plus de visibilité dans le monde scientifique d’aujourd’hui", poursuit-il. Selon M. Rafenberg, ce colloque fera émerger, en outre, les attentes des chercheurs sénégalais. "Tout l’intérêt c’est d’animer ce débat, ces discussions pour essayer de répondre aux interrogations et puis peut être d’essayer de voir qu’il y a des attentes en matière de formation, en matière d’explication, d’accompagnement, d’intégration dans les projets et pour les bailleurs de fonds aussi d’intégrer un aspect qualité, de prendre en compte la charge du travail sur la qualité".
Le professeur Amadou Wague a, pour sa part, souligné l’importance de l’éthique dans la démarche qualité. "Les questions d’éthiques sont des questions de première importance en matière de qualité de la recherche. C’est le soubassement de la qualité. Il faut avoir une bonne éthique pour aller vers une très bonne qualité de la recherche. S’il n’y a pas de qualité, on ne peut pas parler de recherche. Il y a des exigences de qualité, d’éthique, d’évaluation de résultats. Mais aussi les exigences consistant à montrer que les résultats qu’on a, sont des résultats fiables. Pour moi, la qualité doit faire partie intégrante du processus du développement de la recherche et le processus de la recherche en tant que tel."
Néanmoins, le chercheur, Bernard Vaucelle, qui fait partie des exposants a indiqué que ce n’est pas parce qu’on aura adopté une démarche qualité que les résultats de la recherche ou du produit seront forcément bons. M. Vaucelle réfute l’idée selon laquelle la qualité coûte chère. "La qualité n’est pas chère, elle n’est pas un luxe. Ce n’est pas une question de techniciens ou de spécialistes. C’est l’ensemble d’une structure, une démarche d’intelligence et de bon sens. La démarche qui est porteuse d’avenir, porteuse de force", a-t-il encore soutenu.
Les chercheurs soutiennent unanimement qu’il n’y a pas cependant de référentiel en matière de qualité. "La démarche qualité dans la recherche se construit progressivement au sein de chaque discipline scientifique au cours de son évolution, en fonction des contraintes spécifiques".