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Sénégal | Débats : Assises nationales ou exercice d’exorcisme politicien
Publié le 11 juin 2008 à 17h28

Par Samuel Amet SARR*

La crise économique mondiale qui n’a épargné aucun pays y compris le Sénégal est manifestement une bouée inespérée pour quelques politiciens sénégalais qui en font le prétexte de l’organisation des Assises généreusement qualifiées de nationales ou assises « du Front Siggil Sénégal et ses alliés » pour se donner l’impression de compter encore aux yeux du peuple sénégalais.


Assises nationales ou exercice d’exorcisme politicien Puisqu’elles seront certainement tenues ces Assises appellent, à l’analyse, quelques observations sur leur opportunité, leur pertinence et leur réelle motivation.

Il n’échappe à aucune réflexion que le but avoué de ce genre d’exercice (d’exorcisme ?) politicien consiste d’abord à diagnostiquer un état des lieux, à en identifier les causes (exogènes et/ou endogènes) ensuite et à proposer, pour finir, des recommandations susceptibles de modifier en l’améliorant la situation déplorée.

La première remarque qui peut être faite sur l’opportunité des Assises annoncées comme le messie est que le devoir d’identifier les causes des difficultés d’un Etat est comparable à celui d’un médecin qui assure le suivi régulier de son patient.

Cette obligation dynamique et régulière est, somme toute, la mission reconnue et acceptée du Gouvernement et de l’Administration du Sénégal. C’est un travail de tous les jours.

Il semble quelque peu présomptueux de vouloir s’assigner la même mission le temps d’une session, quelque longue qu’elle soit, avec la certitude de ne pouvoir dresser pour tout diagnostic qu’un cliché dont les références seront déjà désuètes avant même leur adoption. C’est le travail d’un instant ; comparable à celui d’un photographe qui peut, tour à tour et sur le même thème, prendre des vues avantageuses ou se contenter du négatif.

Les exigences de l’heure, l’universalité de la crise et son impact violent sur les tissus économiques et sociaux encore fragiles des pays pauvres interdisent aux citoyens patriotes de se perdre en cérémonies protocolaires dont chaque débat servira de tribune à des orateurs en mal d’audience.

Non ! Nous ne pouvons nous payer le luxe de nous asseoir à la table des Assises pendant que les forces vives et conscientes de la Nation doivent rester debout et au travail.

Il ne sortira pas de ces Assises une panacée à nos soucis qui justifiera le temps perdu en conjectures, mêmes doctes, car la solution sera nécessairement au bout de l’effort.

La deuxième remarque que cette grand-messe nous inspire et qu’il est curieux que des hommes politiques qui ont brigué les plus hautes responsabilités du Sénégal aux dernières élections présidentielles aient besoin, quelques mois après ces suffrages, de convoquer des Assises Nationales pour identifier les problèmes du Sénégal. Comment comptaient ils diriger avec clairvoyance notre pays si au moment des élections ils ignoraient tout des problèmes du Sénégal ainsi que des solutions idoines.

Chacun d’eux avait pourtant invoqué son programme miracle pour sortir le Sénégal de l’ornière alors qu’il n’avait pas encore réfléchi sur les réalités économiques et sociales de notre pays. Non ! Nous refuserons de partager la table avec des « responsables » qui sont au stade de la réflexion pendant que nous sommes dans le temps sacré de l’action.

Le tableau catastrophe du Sénégal, dans tous les secteurs, dépeint pour justifier les Assises n’est digne que d’un pays en guerre où la démocratie est juste un mot du dictionnaire.

Les difficultés actuelles rencontrées par le Sénégal sont certes celles d’un pays en voie de développement qui a le courage de choisir sa voie dans un contexte économique hostile mais elles sont surtout celles d’un pays qui doit retrouver l’ambition et le goût du défi sous le magistère du Président Abdoulaye WADE, après quarante années de gestion obscure et stérile qui avaient presque réduit le Sénégal au rang du bon élève paresseux.

Cet héritage est lourd et le défi qui est présentement relevé est lourdement grevé par le passif du passé. Aujourd’hui nul ne doute que la volonté peut transformer le Sénégal si l’on y cheville le travail.

Il est quelque peu risible de voir que l’opposition du Sénégal ne se mobilise que lorsque des intérêts politiques sont en jeu et reste muette lorsqu’elle a l’opportunité de s’ériger en défenseur du peuple. Il suffit pour s’en convaincre de constater que le débat sur les mandats et leur durée est posé par des partis qui ont avalisé la prorogation du mandat des députés sans partager les motivations de la majorité parlementaire.

Quel crédit peut on accorder à un dirigeant qui n’est pas capable de sacrifier ses avantages (voitures, salaires etc…) d’élu contre le combat pour son idéal proclamé.

Comment les mêmes qui sont resté à L’Assemblée Nationale peuvent ils penser qu’ils sont recevables à disserter sur le train de vie de l’Etat. Le peuple vous a indiqué votre rang par le suffrage qu’il vous a consenti et vous le pensez suffisamment ingénu pour ouvrir la fenêtre d’une Assise Nationale et récupérer le suffrage qu’il vous a refusé. Vous ne légitimerez votre démarche qu’en prenant le peuple au sérieux et en inscrivant ses doléances véritables à la frontispice de votre combat.

Etre du coté du peuple demande avant tout une aptitude à se sacrifier et à sacrifier ses ambitions personnelles. Mais il faut déjà aimer ce peuple et cela ne s’invente pas. La tenue de ces Assises sera le premier démenti aux prédicateurs alarmistes qui ne bouderont pas leur plaisir dans un pays où l’expression et l’opinion d’un citoyen sont garanties.

Les pétitions et autres velléités référendaires qui clôtureront les Assises seront le deuxième démenti car elles prouveront vos ambitions uniquement politiciennes.

Pour finir, lorsque les hommes de valeur que vous aurez réussi à embarquer dans cette croisière pour intellectuels déphasés, vous auront remis leurs conclusions vous recommencerez à vous disputer la première place trahissant encore une fois que seules les ambitions personnelles vous motivent.

Mais en fait puisque vous voulez la parole : prenez là ! Et rendez nous le silence. Lui seul est propice au travail. Fait à Dakar, le 29 Mai 20 *M. Samuel Sarr (photo) est ministre de l’Energie de la République du Sénégal



Samuel SARR
 
 
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njaaxum.fr | Sans titre

Peut-être que vos devanciers ont pillé pendant 40 ans ; mais vous n’êtes qu’une bande d’assassins et criminels et en 8 ans vous avez fait pire en termes de gaspillage et enrichissement illicite. Vous pouvez échapper à lajustice des hommes mais DIEU vous attend et vous finirez très mal.

 
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