La colonie de vacances revêt deux aspects importants. Elle est, et reste d’abord un cadre d’épanouissement pour tous les jeunes qui y sont inscrits d’une part ; elle demeure également pour les parents le lieu choisi pour récompenser leurs enfants qui ont eu à travailler de manière studieuse à l’école, d’autre part. Je faisais parti de cette catégorie.
Pour y avoir participer trois années d’affilé et sous la houlette d’une grande société de la place, en l’occurence la SONATEL pour ne pas la nommer, la colonie de vacances a pour moi une signification certaine. En effet, les hivernages de 1991,1992,1993 resteront à jamais gravés dans ma mémoire.
J’ai eu durant ces périodes à participer à trois COLOVAC (comme nos moniteurs avaient l’habitude de l’abréger) qui m’ont respectivement menées vers trois destinations différentes. Ainsi j’ai eu à faire l’Ecole des Monitrices Rurales de Peykou, localité située dans la région de Thiès ; le centre Kisito de Popenguine and last but not least l’hotel "Friendship" de Bakau qui jouxte le stade national du même nom de la Répulique soeur de Gambie.
Que d’aventures, de découvertes et des enseignements pour ces expéditions lucratives à forte dose pédagogique. Au demeurant, les colons de l’époque et moi, citadins pour la plupart, avons découvet le monde rural.
A Kisito on nous montra la case qu’habitait feu le Cardinal Yacinthe THIANDOUM. C’est dans ce lieu sacré, où chaque année, les Chrétiens se retrouvent pour le pélerinage Marial. A quelques encablures de là nous venions de nous faire découvrir la deuxième résidence du Chef de l’Etat, Abdou DIOUF, à l’époque. Grande fut notre déceotion quand le "garde rouge" nous martela que le Président de la République n’était pas venu ce week-end là même, quand nous effectuions cette visite.
En Gambie de Daouda Jaawara pardon de Yaya Jammeh, mais celui-là était The President à l’époque (un an plus tard, il sera, par coup d’Etat renversé par celui-ci), c’était ma dernière Colovac. J’avais 12 ans. A Bakau, contrairement à Dakar, on ne pouvait rester deux jours de suite sans que le ciel ne nous verse ses averses. La pluviométrie était d’une abondance non sans constance. Nous découvrîmes d’autres climats, d’autres cultures, d’autres forêts dans lesquelles la manne manguière abondait a tel point qu’on se disait tous dans nos têtes de petits enfants :"si seulement on pouvait déraciner quelques maguiers à planter chez nous à Dakar". C’était la seule colonie de vacances d’où nous sommes restés durant les trois semaines légales sans aller à la plage, à cause d’un ciel qui mence tou les jours.
S’il y’a des enseignements outre- souvenirs à tirer, c’est la persevérance de l’enfant à toujours présenter de bons résultats, en guise de reconnaissance envers les bienfaits de nos parents. Ces derniers ainsi, participaient à la formation extra scolaires de leur fille ou garçon.
"La prise en compte des enfants issus de couches sociales défavorisées" comme le préconise Colonie de vacance:un guide pour les parents, reste en définitive le seul moyen d’élargir la Colovac aux enfants dont les parents ont des revenus dérisoires. Cela permettra de mettre en place "une colonie pour tous"